Pour échapper aux courants d’arrachement comme ceux au large de l’île Miscou

Il y a quelques jours, des nageurs ont évité le pire à Miscou lorsqu’ils ont tenté de sauver la vie d’une femme emportée par de forts contre-courants. Plusieurs ont évité la noyade de justesse. Les courants d’arrachement demeurent un phénomène naturel assez fréquent. Dans le pire des scénarios, le fait de savoir comment réagir si on a le malheur de s’y trouver pourrait être la différence entre la vie et la mort.

L’Acadie Nouvelle a discuté des courants d’arrachement avec Josée-Anne Léger, représentante des programmes aquatiques chez la Croix rouge canadienne au Canada atlantique.

Il reste plusieurs journées de beau temps avant la fin de l’été et les nageurs risquent encore de passer de beaux moments sur une plage de la côte acadienne.

Bien qu’il n’y ait pas toujours de la signalisation pour avertir la population, les courants d’arrachement, parfois connu sous leur nom anglophone, rip currents, sont assez communs.

«Il y a certaines plages qui sont plus connues pour en avoir que d’autres. Je pense que peu importe où l’on va nager, il y a des chances qu’il va y en avoir. Il faut garder en tête les risques possibles», résume Josée-Anne Léger.

Selon Parcs Canada, les courants d’arrachement se forment lorsque les vagues apportent de grandes quantités d’eau sur la côte et que l’eau se retire vers l’océan dans des ouvertures dans des bancs de sable, derrière des îles ou à côté de promontoires rocheux.

«Quand un nageur est pris là-dedans, c’est important de rester calme. Le courant d’arrachement ne va pas te faire couler vers le fond, il va plutôt t’emporter vers la mer. C’est bien de crier pour de l’aide comme les nageurs de Miscou ont fait. C’est aussi important de ne pas nager à contre-courant, mais parallèlement à la plage pour tenter de tomber dans le courant qui coule vers la plage», dit Josée-Anne Léger.

Si cette stratégie ne marche pas pour une personne, Parcs Canada conseille aux nageurs de continuer à flotter ou à nager debout en criant et faisant des signaux pour obtenir de l’aide.

Même s’il n’est pas toujours évident de repérer un courant d’arrachement, il existe des signes.

«Dans le courant comme tel, il y a des vagues qui se brisent autour, mais pas à l’intérieur. Le couloir d’eau se dirige aussi dans le sens inverse. Le mouvement d’eau ne suit pas le reste de la mer. La couleur est également différente en raison de l’absence de vagues. L’eau est plus foncée», précise Mme Léger.

Même si les courants d’arrachement demeure l’une des causes possibles d’une mort par noyade, il n’existe pas de statistiques précises à ce sujet.

Depuis 2014, la Croix rouge canadienne est au courant de deux exemples en Atlantique où un courant d’arrachement a possiblement été un facteur ayant contribué au décès.

En mai 2014, le corps de Jean Lipton, d’une femme de Moncton, a été retrouvée dans un dériveur gonflable à la dérive tiré par un courant de décrochage dans le détroit de Northumberland, près de Marshville en Nouvelle-Écosse. Selon la police, puisque son corps se trouvait dans l’embarcation, il est peu probable qu’elle est morte noyée, mais il est possible que le stress d’être pris à la dérive ait pu provoquer certains problèmes de santé préexistants.

L’été dernier, un touriste québécois âgé de 43 ans s’est noyé alors qu’il nageait seul sur une plage non surveillée près de Cavendish, à l’Île-du-Prince-Édouard. Des avertissements avaient été émis concernant les forts courants dans la région.

De façon générale, au moins 39 décès évitables associés à l’eau ont eu lieu en 2018 au Canada atlantique.