Six mois en Acadie, six mois au Costa Rica: le paradis, el paraiso!

Réginald Dugas vit son paradis sur terre. Six mois en Acadie, six mois au Costa Rica. Il fait ça depuis maintenant 25 ans. Voici la belle histoire d’un «Tico» acadien.

À l’entrée de sa cour menant à sa résidence de Caraquet flottent deux drapeaux, un acadien, l’autre costaricain. À l’endos du panneau d’accueil, on peut lire «Pura Vida», ce qui veut dire «pure existence».

Cette «pure existence», Réginald Dugas la vit pleinement avec sa conjointe Flor Aguero Sanchez. Elle a pris naissance il y a un quart de siècle pour ce cultiveur d’huîtres dans la baie de Caraquet.

Sa source vient du programme Jeunesse Canada Monde, alors que lui et son frère Serge avaient fait appel à des travailleurs étrangers au début des années 1990. Quatre étudiants s’étaient présentés, dont deux du Costa Rica.

Ce premier contact a changé la vie d’un homme attaché à ses racines acadiennes comme l’huître à son filet, puisqu’il est allé visiter ce petit pays de l’Amérique centrale quelques années plus tard. Un voyage en fourgonnette de 10 600 kilomètres à travers 17 États américains, le Mexique, le Guatemala, le Salvador, le Honduras et le Nicaragua.

«Mon projet initial était de monter un circuit pour les touristes en visite au Costa Rica lorsque je serais à ma retraite, mais c’était trop compliqué. Mais c’est drôle, parce que depuis que j’habite là-bas, j’ai bien dû faire visiter ce pays à une trentaine de personnes qui venaient nous visiter», rigole cet amant de la nature âgé de 66 ans qui connaît maintenant ce pays comme le fond de sa poche.

Ç’a été le coup de foudre. Dugas s’est marié, a construit une maison et il a obtenu sa citoyenneté costaricaine. Il a même voté aux dernières élections présidentielles.

Le Costa Rica, c’est à peine aussi gros que la Nouvelle-Écosse, avec 5 millions d’habitants. Ce pays a cependant une très grande vocation écologique, avec 5% de la biodiversité mondiale. L’électricité est produite entièrement de ressources renouvelables.

On la désigne comme la Suisse de l’Amérique centrale, car c’est le pays où les gens sont les plus joyeux au monde, semble-t-il.

«Les Costaricains sont très accueillants, comme les Acadiens. Tout est prétexte à la fête et ils peuvent être très bruyants. Ils aimeraient assurément notre Tintamarre! Nous avons de grosses ressemblances là-dessus. Ils sont très religieux aussi. On voit souvent des processions de plusieurs centaines de personnes dans les rues. Ce qui est différent, c’est la sécurité. Là-bas, tu barres tout, même si je ne me suis jamais senti menacé en 25 ans. Ici, tu peux te promener les portes pas barrées et tu sais qu’il n’arrivera rien. L’espace aussi est différent. Au Costa Rica, les maisons sont collées. ici, on a plein de place», raconte-t-il.

«Et il y a la conduite automobile aussi, précise-t-il soudainement. C’est fou! Ici, je suis en vacances!»

De novembre à avril, Réginald Dugas et son épouse habitent une coquette maison dans la ville d’Esparza. Dans sa cour, des arbres font pousser des avocats et des mangues immenses.

Autour d’eux, il n’y a que des gens heureux, des gens qui l’appellent «Tico» («Petit»). À Noël, il ne voudrait pas se retrouver ailleurs, jure-t-il. La neige ne lui manque pas du tout!

«Le temps des Fêtes au Costa Rica, c’est comme si je retombais dans ma jeunesse. Les gens se rassemblent en famille, les enfants ne se garrochent pas dans l’arbre de Noël pour ouvrir leurs cadeaux. Il y a une atmosphère de famille incroyable. Il y a tellement de monde dans la petite église pour la messe de minuit que les gens l’écoutent dehors. Allez donc voir ça à Caraquet?», compare-t-il.

Mais si un homme peut quitter l’Acadie, l’Acadie ne sort pas de l’homme. C’est pourquoi il a ce besoin de se retrouver, chaque été, dans sa petite maison de Caraquet avec ses amis et sa famille. Et il le fera tant que la santé le lui permettra, jure-t-il.

Pour les besoins de la photo, Réginald va endosser le chandail de l’équipe nationale de soccer du Costa Rica, qui a participé à la Coupe du monde de soccer en Russie en 2018. Flor a choisi un chandail rouge avec un coeur aux couleurs de l’Acadie.

Réginald Dugas et sa conjointe Flor Aguera Sanchez à l’entrée de leur résidence de Caraquet. Au-dessus d’eux flottent les drapeaux de l’Acadie et du Costa Rica. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette

Ce couple a vraiment pris racine dans leur terre d’adoption. Lui, le Costa Rica. Elle, l’Acadie. Il aurait été des intervenants parfaits pour la chronique De par le monde, que le journal a publiée sous la plume du collègue Patrice Côté de 2015 à 2017.

«Quand arrive l’automne, j’ai hâte de retourner au Costa Rica. Mais quand arrive avril, j’ai hâte de revenir ici. Caraquet pendant l’été, c’est un paradis!», apprécie Réginald Dugas.

Le paradis… El paraiso!