Des Cadiens veulent importer le concept du tintamarre en Louisiane!

Le tintamarre ne fait pas partie de la culture cadienne. Un groupe de Louisianais se trouvait toutefois à celui de Dieppe, jeudi ayant entendu parler de la coutume acadienne. Ses membres semblaient vouloir amener l’idée chez eux à la fin de l’événement.

Le tintamarre explose à la fin du décompte. Les Acadiens agitent leurs cloches, entrechoquent leurs ustensiles, secouent leurs maracas, hurlent… Parmi eux se trouve un groupe presque silencieux, comme dépassé par la situation. Certains de ses membres portent même des bouchons d’oreille. Il est pourtant composé de cousins du peuple qui crie sa fierté. Ils viennent de Louisiane. Ce sont les Cadiens.

La plupart d’entre eux vivent leur premier tintamarre, comme Benjamin Richard.

«C’est formidable, vraiment chaleureux, commente-t-il, quelques minutes après le début de la manifestation bruyante. Nous devons nous habituer, mais on fera plein de bruit nous aussi quand nous serons revenus dans le sud!»

Robert Richard agite timidement une paire de cloches.

«C’est beau de voir tous les Acadiens fiers, marcher ensemble, se réjouit-il. Nous allons faire des tintamarres en Louisiane nous aussi, mais il y fait chaud, on ne pourra pas marcher loin!»

Les Louisianais ont la culture du carnaval, qu’ils montrent le jour du Mardi gras par exemple. Blake voit des similitudes entre cet événement et le tintamarre. Son père Bruneaux en revanche raconte avoir ri le jour où il a vu pour la première fois la manifestation de fierté des Acadiens.

«C’était intéressant… Ma première réaction a été de me dire: oh! C’est traditionnel.»

Marlène Breaux Toups voit quant à elle des similarités entre le tintamarre et une vieille tradition louisianaise qu’elle appelle charivari. Elle décrit une coutume pratiquée le jour où une veuve se remariait, par exemple.

«C’est une grosse bande d’Acadiens qui font du bruit», décrit-elle pour s’expliquer.

Gayle Breaux se rappelle avoir participé à un tintamarre en Louisiane, mais avec une quinzaine de personnes seulement.

«Ça ne fait pas vraiment partie de notre culture, explique-t-elle. Mais nous essayerons d’en organiser un gros!»

Plus le cortège avance, plus les Cadiens semblent s’enhardir, produisant de plus en plus de bruit, à mesure que le volume général décroît.

«Tout le monde devrait venir», s’exclame Jared Richard.

 Faire du bruit avec classe

Le tintamarre, ce n’est pas de la musique. C’est du bruit. Mais certains le font avec style! Voici les instruments les plus originaux aperçus pendant le tintamarre de Dieppe.

La palme revient sûrement cette année à Louise et à l’énorme bidon qu’elle a transformé en maracas. La jeune femme originaire de la Péninsule acadienne, vêtue de façon éblouissante, s’arrête entre deux sauts pour discuter avec l’Acadie Nouvelle.

«Je n’ai jamais manqué un tintamarre, revendique-t-elle, rayonnant de joie et d’énergie. Alors maintenant je suis habituée, j’ai pris de l’assurance!»

Plus loin, un couple franco-québécois tape ses cuillères sur de délicats pots de fleurs rose en métal.

«Notre amie Isabelle Cyr nous a donné ça», sourient Isabelle et Gilles.

Hyacinthe a choisi quant à lui la flûte à bec, avec laquelle il hasarde quelques mélodies. «Ça traînait à la maison», glisse-t-il.

C’est l’efficacité que Michel a visée avec son instrument fait de deux assiettes contenant des haricots. Sobre… mais terriblement bruyant! C’est l’expérience qui parle.

«On a essayé avec les macaronis, mais ils se cassaient tous», s’exclame-t-il.