Collecte des déchets: Tracadie continue de faire bande à part

Alors que le reste de la Péninsule acadienne poursuit toujours les démarches pour créer un nouveau service de collecte de déchets public, la Municipalité régionale de Tracadie a récemment lancé les appels d’offres afin d’offrir le contrat au secteur privé.

En début d’année, les membres de la Commission de services régionaux de la Péninsule acadienne ont décidé de créer leur propre flotte dès 2020. Pour financer ce projet majeur, une demande d’autorisation d’emprunt de plus de 3,13 millions $ a été déposée auprès de la Commission des emprunts de capitaux.

De son côté, le conseil municipal de Tracadie a formellement décidé de ne pas intégrer ce projet. Il préfère explorer ses options auprès du privé.

Il y a quelques jours, la CSR-PA a appris que la Commission des emprunts accepte en théorie la demande d’emprunt, mais pour être conforme à la loi, Tracadie doit quand même voter en faveur, car l’organisme a besoin de l’appui de l’équivalent du deux tiers de la population du territoire représenté. Avec ses 16 000 habitants, Tracadie possède par défaut un droit de veto.

Lors d’une réunion extraordinaire à Bertrand, les membres de la CSR-PA se sont prononcés sur un avis de vote, une formalité administrative, en prévision du vrai vote, qui est prévu le 26 septembre à Néguac.

Tracadie a symboliquement voté contre.

«La plupart des maires et des représentants des DSL ont fait un tour de table pour demander pourquoi on s’oppose à leur emprunt. L’an dernier, notre position a été de lancer les appels d’offres pour une collecte d’ordures pour l’ensemble de la Péninsule», a dit Denis Losier, maire de Tracadie, lundi soir lors d’une réunion du conseil municipal.

«Je verrais mal que le conseil retourne en arrière, étant donné qu’on s’est déjà opposé à la demande d’emprunt.»

Pour le moment, la position de Tracadie ne change en rien de la stratégie du reste de la CSRPA. Même si Tracadie vote en faveur de la demande d’emprunt, la municipalité ne s’engage pas financièrement dans le projet, puisqu’elle a d’autres plans, indique Cédric Landry, responsable des communications à la CSRPA.

La semaine dernière, les appels d’offres ont été lancés à Tracadie. Ils sont ouverts jusqu’au 26 août. Une analyse sera effectuée le 27 août avant de présenter les résultats au conseil municipal.

Advenant le cas où la CSRPA ne parvient pas à trouver le financement nécessaire pour lancer sa propre flotte, Tracadie considère aussi la possibilité que d’autres communautés environnantes voudront joindre le service de cueillette de Tracadie.

«La CSRPA, si elle décide de ne pas aller de l’avant, elle va peut être demandé d’étendre l’appel d’offres avec les entrepreneurs, mais c’est une autre paire de manches pour une autre suite, mais ce qui est certain, c’est que les membres vont devoir se positionner de nouveau s’ils ne peuvent pas acheter de camions. Ils vont devoir regarder à la possibilité de faire affaire avec des entrepreneurs.»

La position de Tracadie est loin de faire le bonheur de tous.

«Un représentant d’un DSL a dit que la CSR se fait contrôler par Tracadie. J’ai dit non. En 2013, Tracadie a décidé de se regrouper pour avoir une force. Si vous voulez ce même pouvoir, vous pouvez vous regrouper aussi», souligne le maire Sonier.

Les municipalités et DSL de la CSRPA ont décidé de créer leur propre flotte en début d’année après que les entreprises de collectes ont annoncé une augmentation de 47% sur quatre ans de leurs tarifs.

«C’est une tendance qui se manifeste un peu partout dans la province et tout le monde cherche comment améliorer son sort. Le secteur privé nous offre un fier service depuis des années, mais face aux augmentations, les maires de la Péninsule acadienne ont décidé de trouver une alternative pour voir si cela aurait du sens», explique Cédric Landry.