Bilan mitigé pour le Festival acadien de Caraquet

Malgré des débuts difficiles, le 57e Festival acadien de Caraquet a connu plusieurs bons moments et il a terminé sur une bonne note.

Au printemps, le Festival acadien a annoncé un déficit de 153 000$ pour l’année 2018. Une réserve de 200 000$ a permis d’absorber le coup et le budget a été réduit à 750 000$ pour cette année.

À quelques jours du début du festival, la direction a proposé un rabais de 50% pour les billets achetés en prévente pour les deux premiers concerts du week-end. Ils ne s’étaient pas envolés comme prévu.

Les incitatifs ont connu des résultats mitigés. S’ils ont été plusieurs centaines à assister à la soirée de musique country avec Laurie LeBlanc et Brian Kelly, la participation au spectacle «Une vitrine sur la baie + Danny Party» est demeurée faible.

En raison de cette situation, le Festival ne pouvait compter sur un bon fonds de roulement pouvant répondre à ses besoins pendant le festival. En plein milieu de l’événement, la direction a demandé à la Ville de Caraquet d’appuyer sa demande d’augmentation de 75 000$ de sa marge de crédit.

Les choses se sont peu à peu améliorées avec le temps.

«Au début, nous étions un peu nerveux en raison de la vente de billets, mais finalement, il y a eu de supers belles soirées. Au Carrefour de la mer, l’opéra rock des Hôtesses d’Hilaire et le spectacle de Zachary Richard, Raton Lover et de Joseph Edgar ont affiché presque complet. Le spectacle de Mike Ward a été complet», dit Geneviève Lanteigne, directrice générale du Festival acadien de Caraquet.

D’autres soirées au Centre culturel ont attiré de bonnes foules, ajoute la directrice générale.

Une autre soirée mettant en vedette Menoncle Jason, Bleu Jeans Bleu et Gab Paquet auraient pu mal tourner. En raison d’une mégapanne d’électricité, le spectacle qui devait avoir lieu au Carrefour de la mer a été annulé. En raison du Congrès mondial acadien, Menoncle Jason a décidé de prendre la route vers l’Île-du-Prince-Édouard où il devait présenter un concert le lendemain. Bleu Jeans Bleu et Gab Paquet ont cependant présenté un spectacle intime et impromptu sur la terrasse d’un bar de la région.

15 août

Les festivités du 15 août se sont également avérées un grand succès.

«On n’aura pas pu mieux demander. On ne savait pas à quoi s’attendre étant donné les nombreuses activités un partout, y compris celles du Congrès mondial acadien (à Dieppe), mais d’après nous, il y avait plus de gens au tintamarre que l’an dernier.»

D’après les estimations de la GRC, un peu moins de 20 000 personnes ont participé au Grand Tintamarre.

Le spectacle en soirée de CY et La Trappe a attiré un peu moins de 2000 festivaliers.

Le bilan financier reste à compléter, mais les revenus provenant des ventes d’alcool, une source importante d’argent, sont prometteuses. Elles ont été particulièrement bonnes les 14 et 15 août.

Défis

Malgré les bons coups, les défis financiers sont pris au sérieux. L’équipe du Festival acadien et le conseil d’administration entendent bientôt faire le bilan afin de mettre sur pied un plan d’attaque.

Depuis 2010, le Festival acadien a connu des déficits. En 2012, il s’élevait à plus de 100 000$. Avec le temps, de nombreuses initiatives ont permis de le réduire à néant, mais au cours des dernières années, le contexte a changé. Le nombre d’activités proposées dans la Péninsule acadienne et ailleurs, dont dans la région de Moncton, a explosé.

Certains s’en tirent bien, d’autres un peu moins.

«On veut parler avec d’autres organisateurs de festivals. On n’est pas les seuls à avoir connu des défis. On aimerait savoir comment ils ont fait pour se relever et pour trouver des pistes de solutions. On est une nouvelle équipe, mais on veut rencontrer nos prédécesseurs qui ont vécu des situations semblables.»

L’équipe du festival pourrait se pencher sur la durée du festival, qui anime la Ville de Caraquet durant les deux premières semaines d’août.

«Ça ne veut même pas dire que le festival comme tel sera moins long, mais il pourrait avoir plus de collaborations avec d’autres pour bonifier l’offre et s’assurer que ce soit viable financièrement. Par exemple, il pourrait avoir des partenaires pour organiser des activités à saveur maritime. Les touristes veulent souvent en savoir plus à ce sujet. Il y a quelque chose à développer autour de l’aspect nautique.»

Le Festival acadien aimerait mettre sur pied une table ronde, en collaboration avec l’Office du tourisme de la Péninsule acadienne, pour voir s’il y aurait un moyen de s’entraider entre festivals.

«On veut s’asseoir avec d’autres gens du Grand Caraquet pour voir si on peut s’entraider. Tous les festivals comptent sur des ressources qui travaillent fort pour organiser tout ça. Est-ce qu’il y a moyen de collaborer? Ç’a été fait un peu avec Acadie Love dans le sens qu’il y a eu une soirée organisée en collaboration avec les gens du Festival acadien.»

Des sessions de consultation publique sont aussi envisagées et une loterie pourrait être mise sur pied afin de générer de nouveaux revenus.

«Des gens ont parlé d’une chasse à l’as, mais c’est lourd à porter à long terme pour nos ressources humaines, alors on songe à une loterie avec des plus gros prix qui serait tenue sur une plus longue période.»