Légionellose: 3 nouvelles infections et une source possible identifiée

L’éclosion de la maladie respiratoire causée par la bactérie legionella prend de l’ampleur dans la région du Grand Moncton. 12 cas sont maintenant confirmés.

En point de presse jeudi, le médecin-hygiéniste régional, Yves Léger, a fait part des recherches du ministère de la Santé sur l’infection qui plane sur la ville depuis quelques semaines.

Une forte concentration de la bactérie a été découverte dans une tour de refroidissement de l’édifice d’une entreprise dans l’ouest de Moncton. Le ministère a intimé à l’entreprise d’éteindre l’appareil et de le désinfecter en profondeur.

Des échantillons ont été envoyés à deux laboratoires situés au Québec et les résultats devraient être connus d’ici la fin de la semaine prochaine.

Le docteur Léger explique que le ministère ne dévoilera pas le nom de l’entreprise, mais que son équipe y prélèvera d’autres échantillons à l’avenir pour éviter que les bactéries ne continuent à se développer.

Il en appelle encore au calme: les citoyens ne devraient pas changer leurs habitudes, selon lui.

Les échantillons recueillis dans les 25 autres établissements suspects de l’ouest de la ville n’ont pas révélé la présence de legionella.

Il est toutefois trop tôt pour clore le dossier, à son avis.

«La déclaration de la fin de l’éclosion va dépendre de quelques aspects. On attend pour la confirmation des laboratoires du Québec [qu’il existe] une similitude entre la souche trouvée dans la tour de refroidissement et les bactéries des patients.»

Si les résultats confirment que la tour suspecte était bien la cause de l’éclosion, l’équipe du docteur Léger attendra 28 jours – deux fois la période d’incubation de la bactérie – avant de déclarer que l’éclosion est terminée. Il s’agit donc de s’assurer que de nouveaux cas n’apparaîtront pas.

Les tours de refroidissement sont des environnements propices pour le développement de la bactérie, a expliqué le médecin-hygiéniste.

L’eau accumule des nutriments de l’air dans les appareils de climatisation. Cette eau est ensuite vaporisée en de fines gouttelettes qui contiennent les bactéries et qui peuvent se répandre à des kilomètres à la ronde.

Il ne serait donc pas critique pour le public de connaître le nom de l’entreprise visée par la recherche approfondie.

Les 12 cas confirmés de légionellose ont tous été hospitalisés et sont en voie de guérison. On ne craint pas pour leur vie.

La population âgée est plus à risque d’une infection à la légionellose, selon le Yves Léger.

Les douze personnes infectées ont entre 30 ans et 70 ans et la majorité d’entre elles ont 50 ans et plus.

Les victimes d’une légionellose ressentiront des symptômes similaires à ceux d’une pneumonie, soit des difficultés respiratoires et des douleurs musculaires, entre autres. Le cas échéant, la personne devrait se faire examiner par un médecin, indique le docteur Léger.

Un registre des tours de refroidissement aurait accéléré le dépistage

Le médecin-hygiéniste a souligné l’absence d’un registre des tours de refroidissement dans la province du Nouveau-Brunswick.

«L’identification des tours a été l’un des défis de l’éclosion», explique le docteur.

Son équipe a bénéficié de l’aide de la Ville de Moncton pour identifier les édifices susceptibles d’en contenir.

«Il n’y a pas d’agence gouvernementale ou non-gouvernementale qui a une liste exhaustive et compréhensive […] Si on avait eu un registre à jour, ça aurait certainement accéléré le processus d’identification.»

Il explique que ce genre d’enquête se solde habituellement par un débriefing et la rédaction d’un rapport et de recommandations au gouvernement, et que la tenue d’un registre des tours de refroidissement pourrait figurer au nombre de ces recommandations.