Pas d’ophtalmologiste depuis un an au Restigouche

En dépit des efforts effectués par le réseau de santé Vitalité pour assurer la prestation des services en ophtalmologie au Restigouche, cette spécialité demeure un défi constant.

Le départ à la retraite du seul ophtalmologiste du Restigouche l’an dernier continue de hanter le réseau de santé qui n’a toujours pu être en mesure de pourvoir le poste vacant.

«Je peux confirmer qu’il n’y a toujours pas d’ophtalmologiste permanent à Campbellton. Toutefois, le poste est bel et bien ouvert et nos intentions sont toujours d’avoir un ophtalmologiste permanent pour le Restigouche dans un proche avenir. Nous sommes en recrutement actif pour résoudre ce problème et on souhaite trouver une personne le plus rapidement possible», souligne le porte-parole du réseau, Thomas Lizotte, non sans ajouter qu’il est ardu de mettre la main sur une telle ressource.

«Comme toutes spécialités, les ophtalmologistes sont très recherchés et il est difficile de les recruter. C’est partout dans le réseau, mais c’est effectivement plus aigu dans certaines régions, dont le Restigouche», souligne-t-il.

L’ophtalmologie est la branche de la médecine qui traite de l’anatomie, de la physiologie et des problèmes oculaires.

L’absence d’une permanence dans la région ne signifie toutefois pas, selon lui, que les citoyens n’ont pas accès à un service. Déjà, le réseau avait annoncé qu’un spécialiste se déplacerait au Restigouche à quelques reprises par mois afin d’alléger la liste d’attente des opérations de la cataracte.

Cette solution s’est concrétisée, assure le réseau, qui ajoute que d’autres options sont également mises en place pour pallier cette problématique.

«Présentement, on utilise l’entraide entre nos établissements pour partager nos ressources. Dans ce cas-ci, l’entraide se fait en collaboration avec l’Hôpital régional Chaleur. Nous avons fusionné la division de Restigouche avec celle de Bathurst afin que les trois ophtalmologistes de Bathurst offrent tous les services nécessaires», explique M. Lizotte.

Désagréments

Reste qu’en dépit de cette collaboration, l’accès quotidien à un ophtalmologiste au Restigouche demeure limité. Pour accélérer les rendez-vous, la population est donc appelée à se déplacer (vers Bathurst, soit à une heure de route), ce qui n’est pas toujours évident.

À la retraite, Colette Loire-Savoie de Campbellton propose régulièrement ses services pour transporter des personnes ne possédant pas de véhicule ou étant dans l’incapacité de conduire. Une bonne partie de ces courses touchent les rendez-vous médicaux. En raison de ce passe-temps, elle est à même de constater une forte hausse du nombre de clients référé dans la région Chaleur.

«J’en vois de plus en plus, ça augmente sans cesse et ça touche surtout les personnes plus âgées. On leur met des gouttes dans les yeux ou on leur fait des piqûres, si bien qu’ils ne peuvent pas conduire. Et si elles ne peuvent avoir une personne de confiance avec elles pour les transporter, comme un ami ou un membre de la famille, elles se tournent vers le transport communautaire», exprime-t-elle.

Mme Loire-Savoie trouve particulièrement inquiétant le fait que cette spécialité touche surtout la clientèle plus âgée.

«Et surtout quand on sait que notre population est de plus en plus vieillissante», souligne la septuagénaire.

Autres services

Outre l’ophtalmologie, Mme Savoie soutient devoir de plus en plus voyager des patients vers la région voisine pour qu’ils puissent obtenir plusieurs autres services en santé.

«Ça ne s’arrête pas qu’aux yeux», dit-elle.

«On dirait qu’on doit davantage se tourner qu’auparavant vers d’autres régions pour le moindre petit bobo, pour obtenir des soins, pour la moindre consultation avec une spécialiste. C’est tout notre système de santé au Restigouche qui semble tranquillement s’effriter», mentionne la dame.

Au Réseau de santé Vitalité, on refuse de parler d’un effritement ou de la perte de services. Cela dit, on confirme qu’il y a bel et bien un léger ralentissement pour l’offre de chirurgies et de certains services depuis quelques mois. Mais cette situation, assure-t-on, ne serait que temporaire.

«Comme partout ailleurs et sur pratiquement tous nos départements, ça tourne un peu plus au ralenti durant l’été, surtout en raison des vacances», note M. Lizotte.