Pique-nique de Brantville: un succès de génération en génération

Les pique-niques paroissiaux sont une tradition de longue date dans la région de Tracadie. À Brantville, l’événement perdure depuis 59 ans grâce à de bénévoles dévoués prêts à relever le défi.

Chaque année, l’ensemble de la communauté se réunit pour l’occasion, mais les choses ont beaucoup changé depuis 1960. Les premiers pique-niques étaient d’abord organisés dans la vieille école de Brantville et l’ensemble de la communauté participait à la préparation du repas.

«J’ai commencé à l’âge de 15 ans à l’époque de la vieille école et j’en ai 73 maintenant. Moi et mon frère, on passait les maisons avec des chaudières remplies de patates. Quand on arrivait, les patates étaient crues et quand on partait, elles étaient cuites», raconte Edmond Mallais, un bénévole de longue date.

Alors que les patates étaient préparées chez les gens, les premières années, la viande était cuite dans la cuisine de l’hôpital de Tracadie, se souvient Léonard Richard, un autre bénévole de longue date.

«L’église a été construite en 1970 et depuis ce temps, ça s’est amélioré, parce qu’on a une salle maintenant.»

Léonard et son épouse Claudette sont bien connus à Brantville. Chaque année, le couple se charge de servir le thé, le jus et le café aux invités.

Pour Claudette Richard, cette responsabilité remonte à plusieurs années.

«J’ai pris la place à mon père et à ma mère, qui sont décédés. J’ai commencé avec ma mère lorsque j’avais 9 ans ou 10 ans. Je regardais comment ils faisaient. Quand ma mère est morte, j’ai continué avec mon père, qui nous disait quoi faire», dit Mme Richard, âgée de 63 ans.

Une source de motivation

Imelda Comeau et sa sœur Réginalla sont également de visages familiers. Les deux sœurs originaires de Rivière-du-Portage ont la responsabilité de couper et de servir les pointes de tartes à la communauté.

«Mais quand on arrive de bonne heure, il y a beaucoup de choses à faire, car à ce moment, il y a seulement une poignée de bénévoles. On aide en tranchant des concombres et des tomates et en plaçant les verres sur les tables. Je ne peux pas passer à côté d’eux et ne rien faire», exprime Imelda Comeau.

À 71 ans et 72 ans, les deux femmes reconnaissent qu’elles ont déjà eu plus d’énergie, mais le pique-nique paroissial est une source de motivation constante.

«D’après moi, c’est à grâce au Seigneur qu’on a l’énergie et la force», ajoute-t-elle.

«Ça nous manquerait si nous n’étions pas là», intervient Réginalla.

Imelda Kelly a déjà organisé les pique-niques paroissiaux. Cette année, elle et son équipe de bénévoles ont préparé la quasi-totalité du repas principal qui a été servi dimanche.

«C’est un moment important, parce que c’est pour ma paroisse. Il faut que ça continue. Des fois, ce n’est pas facile, mais tout le monde travaille fort et quand c’est bien organisé, ça va bien.»

Comme la population est vieillissante, le recrutement de bénévoles devient plus difficile. En fait, le pique-nique paroissial aurait pu ne pas avoir lieu cette année. Un groupe de citoyens engagés, mené par Fernand Thibodeau, a mis la main à la pâte pour tout organiser en quelques semaines.

Sharon Thibodeau, âgée de 33 ans, fait partie de la relève.

«J’ai décidé de m’impliquer pour m’assurer que ça continue pour la nouvelle génération. Lorsque nous étions jeunes, il y a toujours eu le pique-nique et on aimait ça. Veut, veut pas, si on veut que ça continue les jeunes doivent participer.»

Comme toujours, le pique-nique paroissial sert à récolter des fonds pour l’église de Brantville. Dans la région de Tracadie, le premier pique-nique paroissial a eu lieu en 1903. Des profits de 900$ ont été versés à la paroisse de Tracadie.