Moncton: les jours de Tent City sont comptés

Le camp de sans-abris Tent City est menacé de fermeture par la Ville de Moncton. Le conseil municipal a annoncé en juin qu’il laisserait le site fonctionnel, mais qu’il y évincerait les résidents aussitôt le nouveau refuge de la maison Nazareth ouvert. Les nombreuses plaintes des voisins poussent la Ville à agir rapidement.

Si on se fie aux propos de Blair Lawrence, conseiller municipal à Moncton, la question n’est plus de savoir si Tent City sera fermée, mais bien quand.

Il avait toujours été question de démanteler le camp lors de l’ouverture de la Maison Nazareth, le 1er août. Or, l’ouverture a été repoussée à une date encore inconnue, selon le conseiller municipal.

«À ce point-là, je crois que nous sommes arrivés à la limite de ce qu’on a dû faire pour les sans-abris avec Tent City et c’est l’heure de fermer».

Blair Lawrence dit que cette intention d’agir est motivée par les plaintes de la part des entreprises et des résidents à proximité de Tent City.

«Nous savons qu’il y a des ennuis pour les hommes et les femmes d’affaires sur la rue Albert», explique-t-il.

M. Lawrence assure que ces gens-là ont perdu des clients, par conséquent des sources de revenus. Une décision sera prise cette semaine ou la semaine prochaine afin de déterminer la date de fermeture du camp.

«Ça fait plusieurs mois que des citoyens ont dû subir les choses qui se passent autour de Tent City, comme les actes criminels.»

Shannon Camilleri, résidente de Tent City depuis avril, a suivi le dossier de la probable fermeture de Tent City à la radio mardi matin. C’est une discussion qui a animé le comité plénier de Moncton lundi soir.

«Où tous ces gens iront ?», est la principale question qu’elle se pose.

Elle est assez convaincue que le Conseil municipal déploiera bon nombre d’efforts pour fermer définitivement Tent City. Environ 40 personnes y vivent toujours.

Shannon quittera Tent City vendredi, car elle a trouvé un appartement.

«Je suis chanceuse, mais ce n’est pas tout le monde ici dans les tentes qui est si chanceux.»

Si aller dans un refuge est une solution pour aider les sans-abris, certains d’entre eux refuseront catégoriquement d’y mettre les pieds, selon Mme Camilleri.

«Pour n’importe qui est comme moi, Harvest House n’est pas une option», lance-t-elle.

Elle a séjourné trois fois à la Harvest House. Elle confie que les gens ont le devoir de se conformer à des exigences religieuses. Par exemple, à des moments de la journée, les résidents sont mis à la porte.

Ils peuvent toutefois rester à l’intérieur, à condition de suivre les séances d’études bibliques.

«Aller chercher de l’aide ne devrait jamais vouloir dire de se conformer. Aller chercher de l’aide c’est un besoin fondamental.»

Mme Camilleri croit qu’au lieu de construire des refuges, les instances gouvernementales devraient financer la construction de logements sociaux.

Une situation délicate pour la Ville

Tent City avait causé bien des remous au début de l’été. La Ville avait décidé de ne pas raser le camp et de permettre aux résidents de Tent City d’y rester. Des règles avaient toutefois été imposées. Par exemple, les feux, les voitures et les comportements perturbateurs avaient été proscrits.

Une toilette et une grande poubelle avaient aussi fait leur apparition afin que les campeurs puissent garder le site propre. Un service de sécurité avait également été instauré à l’entrée du camp.

Les services cités coûtent environ 35 000$ par mois à la Ville, selon M. Lawrence.

Dans un article de l’Acadie Nouvelle rédigé en juin, la Ville avait dit fermer Tent City aussitôt que le refuge de la Maison Nazareth, en pleine phase de construction, allait être terminé. La date d’ouverture était censée être le 1er août.

Les résidents auraient alors reçu un avis d’expulsion. Ils auraient été ensuite invités à emménager dans la Maison Nazareth, à moins d’un kilomètre de Tent City.

Le nouveau refuge n’a toutefois pas été prêt pour le 1er août et la date d’ouverture officielle n’a pas encore été dévoilée.

M. Lawrence affirme que la Ville travaille présentement sur un plan B en attendant l’ouverture de la Maison Nazareth.