Intentions de vote: les progressistes-conservateurs conservent leur avance

Selon un récent sondage, le Parti progressiste-conservateur reçoit 43% des intentions de vote parmi les personnes ayant déclaré savoir pour qui voter, tandis que le Parti libéral stagne à 31%.

400 Néo-Brunswickois ont répondu au sondage politique mené par l’institut MQO Research et publié mardi. Parmi les points saillants, on constate depuis mai une augmentation de trois points pour le Parti PC qui atteint désormais 43% des intentions de vote, alors que le Parti libéral reste plutôt stable à 31%.

Le Parti vert baisse de sept points et atteint 13%, alors que l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick s’établit à 9%. Le NPD termine ce classement et stagne à 3%.

La marge d’erreur est de plus ou moins 4,9 points de pourcentage 19 fois sur 20.

Ces résultats sont à prendre avec précaution, car ce sondage ne prend en considération que les personnes sachant pour qui voter. Or, 36% du panel interrogé a déclaré ne pas avoir pris de décision ou ne pas vouloir voter.

Alors que le Parti libéral culminait à 40% en juillet 2018, Roger Ouellette, politologue à l’Université de Moncton, analyse leur perte de vitesse.

«Il y a eu des élections à l’automne 2018. On a vu que les libéraux avaient perdu des plumes et le virage s’est fait à partir de ce moment-là. L’arrivée du gouvernement conservateur minoritaire avait entraîné le départ du chef libéral Brian Gallant en novembre. Ça a amené une période d’incertitude chez les libéraux», explique-t-il.

Depuis la nomination en mai de Kevin Vickers comme chef du Parti libéral, le parti n’a pas grimpé dans les sondages.

«Il n’y a pas eu d’effet Vickers. Comme il a été couronné directement chef du parti sans opposant, ni débat, ni d’attention de la presse, ça a peut-être empêché le Parti libéral de se revigorer», analyse le politologue.

D’après Roger Ouellette, le chef du Parti libéral souffre d’un autre handicap.

«Kevin Vickers ne siège pas à l’Assemblée, il n’a jamais remporté aucune élection. Il est très important pour les chefs des partis d’être en chambre, parce que tu peux avoir une certaine visibilité. Et ici, Kevin Vickers est plutôt invisible», affirme-t-il.

Au contraire, selon l’expert, Blaine Higgs a réussi pour l’instant à plaire à l’électorat.

«L’un des éléments forts de sa campagne en 2018, c’était de promettre d’assainir les finances publiques et de ne pas dépenser d’argent. Il a réussi à équilibrer son premier budget. Donc, pour le moment, il a réussi à répondre à cette promesse forte», indique Roger Ouellette.

Malgré le succès du PC, une division s’installe entre francophones et anglophones dans les intentions de vote.

«Aux élections de 2018, les francophones avaient voté en grand nombre pour les libéraux et les anglophones avaient surtout voté pour les conservateurs. Pour les élections fédérales actuelles, ce même modèle se dessine. Les circonscriptions majoritaires anglophones penchent chez les conservateurs, et celles francophones chez les libéraux», affirme-t-il.

Pour le politologue, la chute du Parti libéral profite plutôt aux Parti vert.

«Si on regarde les dernières élections, les verts ont pris deux circonscriptions aux libéraux. Et si les libéraux avaient eu ces circonscriptions, ils auraient été capables de gouverner de manière minoritaire. Les libéraux croyaient que la chute du NPD allait les aider. Tout comme l’Alliance des gens avait pu nuire au PPC, le Parti libéral a pensé qu’une chute du NPD leur apporterait des voix. Mais ça ne s’est pas passé comme ça et ces voix sont plutôt allées chez les verts», déclare-t-il.