La Ville de Dalhousie dit vouloir encourager les débats sains et respectueux

Le nouveau code d’éthique envisagé à Dalhousie n’enlèvera aucun privilège aux membres du conseil promet son maire, Normand Pelletier.

Lors de sa dernière réunion publique, le conseil a effectué la première lecture d’une nouvelle politique régissant la conduite à suivre au conseil.

Dans cette politique, il est notamment question de régir le comportement des conseillers afin d’éviter tout débordement. Car il faut dire que le conseil actuel a dû composer avec son lot de tiraillements depuis 2016.

On se souviendra, entre autres, de la saga du conseiller Mickey Maloney, mis à l’écart du conseil en raison de ses propos sur les médias sociaux et de son comportement jugé «inadéquat» envers ses confrères du conseil ainsi que certains employés municipaux. Refusant de s’excuser, le conseil a voté en faveur de son expulsion définitive, ce qui a forcé la tenue d’une élection complémentaire.

Faire taire toute dissidence

Déjà critique du conseil sur les médias sociaux alors même qu’il siégeait sur celui-ci, M. Maloney est loin d’avoir modéré ses ardeurs.

Sur un site Facebook dont il est l’administrateur, celui-ci dénonce régulièrement et vigoureusement l’administration de la Ville. Il dénonce également cette nouvelle politique du conseil qui, selon lui, vise à faire taire toute dissidence ou divergence d’opinions.

«Les membres du conseil ont été élus par les citoyens afin de parler en leur nom, pas pour être des ornements», écrit-il, soulignant que le rôle des conseillers n’est pas de se taire ou de suivre.

Le maire de Dalhousie, Normand Pelletier, assure que le code de déontologie n’a pas été apporté sur la table spécifiquement en raison de l’affaire Maloney. Toutefois, il avoue que la nouvelle politique – si elle est adoptée – rendra certaines situations moins ambiguës.

«On veut que les conseillers soient plus respectueux entre eux, mais aussi envers l’équipe administrative. L’objectif c’est d’avoir un milieu de travail sain avec de bons comportements», indique le maire, pour qui l’intention du conseil actuel ne vise aucunement à brimer la libre expression de ses membres ni faire accroc à la démocratie.

«Tout le monde a droit à son opinion. Nos conseillers ont toujours eu droit à la dissidence et l’auront toujours. L’idée avec cette politique n’est en rien de museler qui que ce soit. On ne va pas dire à nos conseillers de se taire et de ne pas exprimer leurs opinions. On ne leur demande pas non plus d’être d’accord avec chacune des décisions prises par le conseil, mais simplement de les accepter une fois que la majorité a parlé, qu’elle a pris une décision. Car c’est aussi ça la démocratie», estime le maire.

Le conseil n’a pas réinventé la roue avec sa politique. Celle-ci est grandement calquée sur la loi provinciale. Le conseil s’est toutefois assis afin de lui donner un peu plus de piquant.

En ce sens, la Ville entend réglementer l’utilisation des médias sociaux, tant par ses employés que par les membres du conseil.
«C’est un aspect sur lequel on a insisté parce qu’on n’avait rien. Ce que l’on recherche, c’est d’éviter les abus et le manque de respect. Il y a vingt ans, ça n’existait pas les Facebook, Twitter et autres médias sociaux. On se devait donc de mettre notre politique à jour afin de refléter cette nouvelle réalité», ajoute M. Pelletier.

Dalhousie n’est pas la seule municipalité restigouchoise à s’être doté d’un tel code. Le conseil municipal voisin de Campbellton a adopté un arrêté en ce sens l’an dernier.

Dans celui-ci, on restreignait également l’utilisation des médias sociaux par les employés de la Ville et les membres du conseil. On y interdisait notamment toutes critiques envers l’administration et ses décisions sous peine de mesures disciplinaires.