Défection vers le Parti vert: des candidats nient avoir quitté le NPD

Confusion générale dans l’affaire du départ de 14 candidats néo-démocrates vers le Parti vert: le directeur des verts, Marco Morency, affirme que six d’entre eux demeurent dans leur parti d’origine.

Il semble que tous n’étaient pas du même avis sur la décision de quitter le Nouveau parti démocratique. Deux anciens candidats qui figuraient sur la liste affirment qu’ils n’ont jamais donné leur accord pour quitter le NPD.

Francis Duguay, qui était candidat néo-démocrate dans la circonscription de Tracadie-Sheila aux dernières élections, se dit surpris de voir que son nom figurait sur la liste des transfuges.

Nous l’avons rejoint par téléphone.

«Lundi soir, j’ai reçu un appel de Mme Richardson. Elle me disait qu’il y avait une rencontre à Moncton mardi pour discuter d’une union entre le Parti vert et le NPD», dit Francis Duguay en entrevue.

Jean-Maurice Landry, qui était candidat de Bathurst-Est-Nepisiguit-Saint-Isidore en 2018, insiste lui aussi pour dire qu’il n’avait pas l’intention de quitter son parti.

«Moi, je suis toujours au NPD. [Joyce Richardson] m’a contacté lundi pour savoir si je pouvais participer à une conférence de presse à Moncton pour faire l’annonce d’une fusion entre le NPD et le Parti vert», explique l’homme au téléphone.

Il affirme qu’il ne se serait pas opposé à une fusion des partis s’il y avait eu consensus de la part du NPD compte tenu de la «position précaire» du parti dans la province. Cependant, il nie avoir donné son accord pour quitter le parti en bonne et due forme.

Betty Weir, qui était candidate dans Albert l’an dernier, affirme par téléphone qu’elle a aussi compris que Joyce Richardson voulait unir les deux partis plutôt que de quitter le NPD.

Idem pour ses deux filles, Hailey Duffy et Madison Duffy, candidates de Moncton-Sud et de Riverview, respectivement.

Joyce Richardson, candidate de Dieppe en 2018 pour le NPD, est celle qui a contacté les candidats pour leur demander de rejoindre le Parti vert.

En entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle jeudi soir, elle a affirmé qu’elle avait obtenu l’accord des 13 autres candidats. Elle estime qu’elle a été claire sur ce qu’elle leur demandait: de quitter le NPD pour rejoindre le Parti vert.

«Je leur ai dit qu’on faisait une conférence de presse pour lâcher le NPD et s’en aller vers les verts», dit-elle.

«Oui, il semble y avoir eu un malentendu alright», raille-t-elle au téléphone.

Jonathan Richardson, fils de Joyce Richardson et membre du comité exécutif du NPD, a pour sa part répondu qu’il n’accordait plus d’entrevues aux médias.

La perspective des verts

Marco Morency, directeur du Parti vert, affirme qu’il n’avait pas de raison de croire que moins de 15 personnes se joindraient à son parti mardi.

«Un groupe de personnes se sont mobilisées et nous ont fait parvenir une déclaration», dit le directeur au sujet de la liste de 14 candidats et d’un membre du comité exécutif.

Par contre, selon lui, le NPD du Canada aurait contacté certaines personnes qui figuraient sur la liste afin de «leur mettre de la pression» et de les convaincre de rester dans le NPD.

Nous avons rappelé Francis Duguay, qui a nié avoir été en contact avec le NPD du Canada dans cette affaire.

Betty Weir et ses deux filles affirment que le NPD les a contactées mercredi pour leur demander si elles tenaient vraiment à quitter le parti, mais qu’elles n’ont pas été en contact avec le NPD du Canada avant la conférence de presse de mardi.

Il s’agissait d’un malentendu, Betty Weir, et elle s’est ravisée lorsqu’elle a compris la teneur de la demande de Joyce.

En mêlée de presse jeudi, le chef du Nouveau parti démocratique du Canada, Jagmeet Singh, a reproché au Parti vert de propager des faussetés en ayant affirmé que 14 candidats du NPD rejoignaient leurs rangs.

Il a traité l’affaire d’un «fiasco» et d’un «acte désespéré» de la part du Parti vert.