La qualité de l’eau de la baie de Tracadie inquiète les producteurs d’huîtres

Des producteurs d’huîtres de la région de Tracadie attendent avec impatience les résultats des analyses de la qualité de l’eau de la baie de Tracadie. Ils sont inquiets, car cet été, certains ont perdu jusqu’à 80% de leur production.

Treize ostréiculteurs cultivent des huîtres dans cette baie. Même s’il n’existe aucun organisme formel pour les regrouper, ils ont désigné Ernest McGraw, un ostréiculteur de Losier Settlement, comme étant leur porte-parole informel.

En début de semaine, ils sont allés rencontrer Keith Chiasson, député de Tracadie, pour aborder la problématique.

Il arrive que les producteurs subissent des pertes significatives au printemps. Ce fut le cas cette année. Ernest McGraw a perdu environ la moitié de ses huîtres durant cette période.

«Il y en a eu ce printemps, et pas seulement dans la baie de Tracadie. Presque toute la côte Est a été touchée. C’est probablement à cause du mauvais temps à l’automne 2018, d’un hiver prolongé et de la présence des glaces. Beaucoup de facteurs sont possibles», dit Ernest McGraw.

Ce qui préoccupe davantage les producteurs, ce sont les pertes encourues cet été, particulièrement dans la partie sud de la baie de Tracadie.

«Tous ceux qui sont dans la partie sud ont connu beaucoup de pertes. Ça n’arrive pas normalement durant l’été. Ça fait 21 ans que je suis producteur d’huîtres dans la baie de Tracadie et je n’ai jamais vu autant de pertes en été.»

Ernest McGraw se compte chanceux pour le moment, car ses élevages d’huîtres se trouvent dans la partie nord de la baie, qui a été épargnée jusqu’à maintenant.

«On comprend qu’il peut avoir des pertes au printemps, mais durant l’été, ce n’est pas normal et il est là le gros problème.»

Causes?

Bien que plusieurs hypothèses sont évoquées, Ernest McGraw n’est pas prêt à sauter aux conclusions. Des biologistes du ministère de l’Environnement ont été déployés pour analyser la qualité d’eau.

«On attend les résultats avec impatience. C’est inquiétant pour tout le monde. Les quatre producteurs dans la partie nord sont moins touchés, mais rien ne dit que nous ne serons pas affectés éventuellement. J’ai perdu 50% de ma production au printemps, s’il fallait que je perde un autre 30% durant l’été, je serais coincé. Il faudrait que j’abandonne.»

Après 34 années de carrière à la Mine Brunswick, Ernest McGraw ne dépend pas sur les huîtres pour boucler ses fins de mois. Il fait ce métier par passion. Cependant, la production d’huîtres fait quand même tourner une partie de l’économie à Tracadie.

Par exemple, Ernest McGraw embauche toujours quelques employés saisonniers pour l’aider et il dépense environ 4000 $ en essence par saison. La majorité des producteurs de la baie de Tracadie vendent leurs huîtres à la Maison Beausoleil, à Néguac ou à l’Étang Ruisseau Bar, à Shippagan.

«On doit toujours acheter quelque chose, que ce soit des bouées, des câbles, on est toujours en train d’acheter quelque chose. On fait tous nos impôts et on en paie toujours. C’est une roue qui tourne.»

Le député inquiet

Keith Chiasson, député provincial de Tracadie-Sheila, suit la situation de près depuis plusieurs années.

«On doit trouver la source du problème le plus rapidement possible afin d’être en mesure de mettre un plan d’action en place. La survie de la production d’huîtres dans la baie de Tracadie en dépend.»