La Bouquinière veut donner le goût de la lecture aux jeunes

Et si les enfants pouvaient lire seulement pour le plaisir? C’est le pari que se sont donné les deux enseignantes, Marie-Josée Comeau et Sophie Jacob de l’école Donat-Robichaud à Cap-Pelé. Elles ont mené à bien le projet «La Bouquinière», un endroit conçu pour stimuler le goût de la lecture chez les élèves.

L’école primaire Donat-Robichaud a inauguré sa salle de lecture La Bouquinière jeudi soir. Le lendemain matin, les élèves ont découvert avec enthousiasme ce nouvel espace destiné à leur épanouissement scolaire.

Marie-Josée Comeau, enseignante de première année, tient à préciser qu’il ne s’agit pas d’une bibliothèque, mais bien d’une salle de lecture.

La Bouquinière comporte trois sections. D’abord, un espace aménagé avec des sofas confortables pour y apprécier un bon bouquin. Ensuite, une pièce fermée s’adresse davantage aux touts petits pour y faire de l’animation. Finalement, la troisième pièce est de nature technologique pour permettre l’enseignement du traitement et de la distinction de l’information.

À La Bouquinière, il n’est surtout pas question de parler stratégies de lecture, mais bien de laisser les élèves libres de lire ce qu’ils ont envie. Si le bouquin ne leur plait pas, ils n’ont qu’à en prendre un autre.

«Le but premier était vraiment de lire pour le plaisir et d’offrir un endroit paisible aux enfants pour faire leur lecture», explique-t-elle.

Mme Comeau et Sophie Jacob, enseignante de littératie – une compétence qui fait partie des services intégrés – ont souvent réfléchi à de nouvelles méthodes pour intéresser les enfants à la lecture. S’ils affectionnent les bouquins dès le plus jeune âge, leur intérêt pour la lecture chute dramatiquement vers la troisième année, selon les observations des deux enseignantes.

«On s’est dit, comment ça se fait? On met beaucoup d’efforts, mais le plaisir n’est comme pas là.»

Marie-Josée Comeau avoue que les enseignants sont fréquemment sur le dos des élèves à vouloir leur apprendre à développer des stratégies de lecture. Elles se sont alors posé la question: et si on les laissait seul, juste apprécier la lecture?

Au même moment, Marie-Josée suivait les théories de l’architecte québécois Pierre Thibault. Ce dernier s’intéresse particulièrement aux liens qu’ont l’harmonie et la beauté d’un environnement scolaire sur les facultés d’apprentissage.

«On s’est dit peut-être que ça serait le temps d’avoir un bel endroit où ça serait stimulant. Le contact de l’enfant avec les livres serait positif», commente-t-elle.

L’enseignante est d’avis que les stratégies de lecture enseignées en classe deviendront un automatisme alors que l’enfant grandira. Quant au goût de la lecture, l’envie d’apprendre sur soi et de découvrir le monde, ce n’est pas toujours acquis.

Elles ont donc voulu ramener le balancier entre l’enseignement des stratégies de lecture et le plaisir pur et simple de lire.

«Les livres, ce n’est pas juste de se faire questionner sur qu’est-ce que je me rappelle du livre.»

Mme Comeau explique qu’à plus longue échéance, La Bouquinière peut avoir des répercussions positives sur la vie d’un enfant en pleine croissance.

«On veut juste qu’ils deviennent des adultes autonomes capables de s’informer et de prendre des décisions. C’est vraiment ça le but à long terme», fait-elle valoir.

Marie-Josée Comeau espère de tout cœur que La Bouquinière deviendra un modèle pour les écoles primaires de la région.

Malgré l’ère technologique dans laquelle les enfants sont nés, elle constate qu’ils aiment toujours autant les livres.

L’école Donat-Robichaud a reçu des fonds provinciaux. La plupart du financement provient cependant de dons privés, tels que la fondation Frank McKenna et la librairie Chapters.