Lendemain de tempête: les citoyens constatent l’ampleur des dégâts

Les zones côtières du sud-est de la province ont écopé lors du passage de la tempête post-tropicale Dorian, en fin de semaine.

À Petit-Cap, près de Cap-Pelé, cinq bateaux se sont retrouvés sur la rive à cause de la force du vent et des vagues et ont été lourdement endommagés.

Une vingtaine de résidents d’un camping de Cap-Pelé ont dû être évacués samedi soir, puisque l’eau menaçait les habitations.

«La marina de Cap-Pelé a perdu deux bateaux, Petit-Cap a perdu cinq bateaux. Ce sont des dommages importants, mais on va se remettre sur pied», assure le maire de Cap-Pelé, Serge Léger.

Au club de yacht de Shediac, c’est la catastrophe. Les amarres retenant les quais en place ont lâché et les bateaux se sont empilés, certains se fracassant sur la berge et se retrouvant hors de l’eau.

Claude LeBlanc, responsable de l’entretien, a été estomaqué de l’ampleur des dégâts lorsqu’il est arrivé sur les lieux dimanche matin. Lorsqu’il l’a appris samedi soir, il n’y avait plus rien à faire pour protéger les bateaux, sauf espérer que la structure tienne le coup.

Au moins trois bateaux ont coulé.

«C’est la force du vent et des vagues. Les chaînes ont passé par-dessus les poteaux, il n’y avait plus rien qui retenait le quai.»

Il affirme que les dégâts pourraient se chiffrer en millions de dollars. Certains bateaux de plaisance sont particulièrement dispendieux et plusieurs d’entre eux ont été soulevés et poussés sur le gazon par les flots.

Rien à faire pour l’instant, sinon attendre les compagnies d’assurances qui vont venir faire état de la situation, estime Claude LeBlanc.

«Ça va prendre une grue pour nettoyer tout ça», lance-t-il par-dessus le sifflement du vent.

Un ouragan

Marc Léger, de Shediac, se compte chanceux. Son bateau a subi des dommages superficiels, mais tous n’ont pas eu sa chance: un énorme navire repose presque directement au-dessus du sien, fracassé sur une roche.

Le bateau de Joffre Thériault, lui, n’a pas été endommagé. Il s’agit tout de même d’un moment difficile pour la petite communauté de la marina, selon lui.

«Ça va être un processus [de nettoyer les dégâts]. Ça va prendre du temps mais on devrait s’en sortir. Malheureusement, pour plusieurs, ça va être moins évident», dit-il.

Mais samedi soir, lors du passage de la tempête, il avait d’autres chats à fouetter.

«C’était un ouragan. En ville, il n’y a pas d’électricité, on avait d’autres préoccupations . J’avais autant de problèmes à la maison que j’en avais avec le bateau.»

Plus de 54 000 foyers étaient toujours sans électricité dimanche matin alors que les équipes d’Énergie NB tentaient de rétablir le courant.

Au total, plus de d’un demi-million de foyers ont été privés de courant lors du passage de la tempête dans les Maritimes.

Marc Belliveau, porte-parole d’Énergie NB, explique que certains abonnés pourraient devoir attendre à lundi avant d’être rebranchés.

«Samedi soir, on a atteint 80 000 clients sans électricité», dit-il. À 19h30, dimanche soir, 30 500 étaient toujours privés de courant.

Il explique que la région du Grand Moncton ainsi que les zones côtières telles que Cap-Pelé, Shediac et Bouctouche ont été particulièrement affectées par les interruptions de courant.

Les feux de signalisation ne fonctionnaient pas par endroits à Dieppe, à Moncton et à Shediac, dimanche.

Les réparations ont été difficiles.

«Moncton était un de nos plus gros défis. Il a venté de façon très violente samedi soir, donc on ne pouvait pas se rendre sur place pour faire des évaluations, mais il y a d’autres régions de la province où on pouvait faire des réparations parce que le vent s’était calmé».

Il affirme que 69 équipes de monteurs de ligne travaillaient d’arrache-pied dimanche soir à réparer les dégâts en plus de 52 équipes du secteur privé embauchées pour l’occasion par Énergie NB.

Pendant ce temps, 20 équipes tentent de minimiser les dégâts causés par les arbres et les branches cassées afin de libérer des lignes électriques.

Ce sera un travail énorme dans les prochains jours pour les équipes de la société de la Couronne, longtemps après que le courant sera rétabli.

«Le son des scies à gaz sera très commun dans certaines régions aujourd’hui (dimanche)», anticipe le porte-parole.

Les gouvernements au travail

Le ministre des Affaires intergouvernementales et du Nord et du Commerce intérieur, Dominic LeBlanc, affirme que le gouvernement du Canada serait prêt à fournir du personnel et des ressources militaires si le besoin se présente.

«Notre gouvernement collaborera avec la province du Nouveau-Brunswick pour accélérer le versement de toutes les indemnités appropriées lorsque leurs évaluations seront terminées. Les dommages à l’infrastructure fédérale, comme les ports de pêche commerciale seront également évalués et reconstruits le plus rapidement possible», dit le ministre par voie de communiqué.

Au niveau provincial, l’Organisation des mesures d’urgence note que les citoyens s’étaient quand même bien préparés à la tempête.

«Nous sommes heureux de constater qu’autant de gens ont entendu les avertissements des autorités, qu’ils se sont préparés en prévision de la tempête et qu’ils ont évité de prendre la route inutilement. Nous constatons que les communautés et les gens étaient prêts», a dit Greg MacCallum, directeur de l’OMU.

Il appelle les gens à prendre des nouvelles de leurs voisins – particulièrement les plus âgés – afin de s’assurer que tout le monde s’en est sorti indemne.

Le directeur met également la population en garde contre les empoisonnements au monoxyde de carbone, un gaz qui peut facilement s’emmagasiner de façon dangereuse lorsqu’on place une génératrice à l’intérieur ou lorsqu’une génératrice est trop près d’une fenêtre entrouverte à l’extérieur.

Énergie NB rappelle également de ne pas s’approcher d’arbres qui sont tombés sur des lignes électriques ou sur les chemins et de ne pas tenter de les retirer ou de les élaguer, puisqu’il y a risque de choc électrique.