La GRC enquête sur plus de 30 incendies dans le Restigouche

Au cours des 20 derniers mois, plus d’une trentaine d’incendies de structures sont survenus dans le centre et l’est du Restigouche (Campbellton-Dalhousie). De ce nombre, une bonne vingtaine sont considérés comme suspects et font toujours l’objet d’une enquête de la part des forces policières.

Il n’y a pas de fumée sans feu.

La fameuse expression pourrait difficilement être plus appropriée dans la situation actuelle où la GRC considère comme suspects plusieurs des incendies survenus depuis 2018 à l’intérieur de commerces, résidences et autres types de bâtiments (garages, remises, etc.) du Restigouche.

Ceux-ci ont eu lieu dans plusieurs localités, notamment Campbellton, Val-d’Amour, Eel River Dundee et Dalhousie.

Dans un énoncé lundi, la GRC affirme enquêter sur plus d’une vingtaine de dossiers où le brasier a été classé d’origine suspecte, un nombre que l’on estime anormalement élevé pour la région. Dans une dizaine d’autres cas, les causes auraient été identifiées et jugées accidentelles.

«Seulement depuis le début de l’année, donc janvier 2019, on parle d’un total de 17 incendies. Tous ne sont pas suspects, mais on a de sérieux doutes sur une majorité d’entre eux», souligne le caporal François Côté de la GRC de Campbellton.

Celui-ci soutient avoir été alerté de la situation par le bureau du prévôt des incendies.

«On savait qu’il y avait beaucoup d’incendies dans le secteur dernièrement – car une fois établis suspects ou criminels, les dossiers aboutissent sur notre bureau aux fins d’enquêtes –, mais on semblait estimer au sein du bureau du prévôt que la situation était particulièrement préoccupante. Et c’est aussi notre avis», indique le policier.

Selon lui, cette corroboration de la problématique aura comme conséquence que les enquêtes seront dorénavant plus approfondi du côté policier, mais aussi du côté des assureurs. L’objectif est bien entendu de résoudre les incendies criminels, mais aussi de dissuader ceux qui songeraient à cette option.

«Sans nécessairement avoir de ressources additionnelles, on va collaborer encore plus étroitement avec le bureau du prévôt qui se fera un point – maintenant qu’une problématique a été identifiée – de se présenter plus souvent sur les scènes d’incendies afin de les analyser. Ce sont eux les experts qui peuvent déterminer s’il y a eu utilisation d’accélérant ou si l’emplacement des foyers d’incendie semble improbables», souligne le caporal Côté.

La plupart de ces incendies considérés comme suspects se sont déclarés entre 22h et 6h. Dans tous les cas, personne n’a été blessé.

En soulevant publiquement cet enjeu, la GRC espère obtenir des informations de la part de la population afin de faire débloquer des enquêtes, mais aussi inviter les gens à être encore plus vigilants dans leur quartier, leur région.

Le dernier incendie de structure en importance est survenu le 21 août à Campbellton. Le commerce ciblé était alors le dépanneur Pik-Quik. Le brasier est toujours considéré comme suspect.

Outre le fait de mettre à risque la vie de personnes – y compris celles des pompiers qui luttent pour maîtriser les brasiers –, M. Côté que ces incendies suspects peuvent avoir des incidences indésirables à plusieurs niveaux.

«On a déjà vu par le passé, et pas si loin d’ici, des compagnies d’assurances hausser considérablement leurs primes ou même carrément quitter des secteurs en raison des risques qualifiés de trop élevés. On veut éviter ce scénario ici», note-t-il

Pour le caporal Côté, l’hypothèse de la présence d’un pyromane dans le secteur pour expliquer ce grand nombre d’incendies est pour le moment écartée.

«Sans dire que tous les cas sont de possibles fraudes, on peut présumer que certains le sont sûrement», indique-t-il.

À ce moment-ci, la problématique semble principalement axée sur les incendies de structures et non ceux de véhicules, biens qu’il y ait également, comme celui du nouveau camion poubelle desservant les régions d’Atholville, Balmoral et Charlo. Mais pour l’instant, la situation ne serait pas de la même ampleur que pour les incendies de structures.

La GRC demande à quiconque possédant de l’information concernant certains de ces incendies de communiquer avec elle au 473-3137 ou encore d’utiliser Échec au crime (1-800-222-8477).