Tempête Dorian: des moments difficiles pour des pêcheurs de homard

Les rafales de la tempête post-tropicale Dorian n’ont épargné personne sur les côtes de la province, mais les pêcheurs ont été particulièrement affectés.

Quand Adrice LeBlanc, un pêcheur de Petit-Cap, a appris que son bateau était à la dérive samedi soir après que ses amarres se soient brisées, il n’y avait déjà plus grand-chose à faire.

Son navire – son gagne-pain – est une perte totale.

Au lieu de prendre la mer pour pêcher le homard lundi matin, il tentait de se procurer un bateau afin de pouvoir finir sa saison de pêche, qui dure jusqu’à la mi-octobre.

«La tête vire, on téléphone, on parle au monde, on ne sait pas quoi faire. C’est mêlé», raconte M. LeBlanc, pêcheur de Petit-Cap.

La situation actuelle signifie des pertes considérables pour les pêcheurs affectés. Non seulement ils n’ont plus de bateau, mais chaque jour d’inaction leur fait perdre des milliers de dollars.

«C’est proche de 10 000 $ à  15 000 $ qu’on perd chaque jour», estime-t-il.

À long terme, il devra s’acheter une nouvelle embarcation.

«Il va falloir…, mais les assurances ne me permettront pas d’acheter un bateau comme celui que j’avais. J’avais un beau bateau avec un moteur neuf, il était bon en mer.»

Afin de lui venir en aide, sa belle-fille a partagé une photo et un message expliquant la situation sur Facebook. Le tout a été partagé plus de 2000 fois, et M. LeBlanc pense maintenant s’être trouvé un bateau pour terminer la saison.

Au moins six bateaux détruits

Michel Richard, organisateur syndical à l’Union des pêcheurs des Maritimes, a fait le tour des quais pour avoir un portrait de la situation.

Il explique que l’UPM est entrée en contact avec des membres de la Péninsule acadienne, histoire de trouver des bateaux pour les pêcheurs qui se retrouvent sans gagne-pain.

«Les pêcheurs sont en train de sauver ce qu’ils peuvent sur leurs épaves. Au moins six pêcheurs ont perdu leur bateau», explique-t-il au téléphone.

L’organisateur syndical fait aussi valoir que les casiers de homard pourraient avoir été affectés par les mouvements des marées.

«On veut savoir s’il y a eu beaucoup de casiers perdus en mer à cause des vents.»

«Il semblerait que les dommages et le pire de la tempête sont dans la région allant du quai de l’Aboiteau à Cap-Pelé jusqu’à Petit-Cap», explique Michel Richard.

Dans la région de Murray Corner et de Cap-Tourmentin, les dommages sont limités. Seuls des casiers de homard auraient été perdus, et la structure des quais est restée intacte, selon M. Richard.

Au chapitre des bonnes nouvelles: les pêcheurs sont plus solidaires que jamais, d’après le porte-parole de l’UPM.

«On est en contact avec nos membres qui ont des vieux bateaux à vendre. Je reçois des appels de toutes parts de nos membres, et je pense que les pêcheurs vont se prêter main-forte.»