Un photographe acadien à la rencontre de onze nations autochtones

Pour bien créer des liens avec une culture, parfois il faut pouvoir s’y immerger complètement. À l’été 2018, le photographe acadien Stéphane Audet a eu l’occasion unique de partir à la découverte de onze nations autochtones du Québec. Le fruit de son travail, Sur la route des pow-wow, sera présenté jusqu’au 30 septembre à la P’tite Église de Shippagan.

L’exposition regroupe 20 des plus belles photos prises par Stéphane Audet, originaire de Shippagan, durant une tournée à l’été 2018. L’organisme Tourisme Autochtone Québec avait initialement eu recours aux services du photographe parce qu’il souhaitait mettre à jour sa banque d’images d’événements culturels autochtones au Québec.

«J’ai fait le tour du Québec, je suis allé sur la Côte-Nord, en Abitibi, à Montréal, au Lac-Saint-Jean…», explique celui qui habite aujourd’hui à Québec.

Comme il le fait souvent, il a commencé à publier certaines photos sur sa page Facebook, tout en ajoutant une mise à contexte. Sans le savoir, ses clichés ont attiré l’attention de la directrice de l’Hôtel Château Laurier, qui a éventuellement proposé de mettre sur pied une exposition des meilleures photos.

L’exposition à Québec a été un succès et elle a été vue par des milliers de personnes. Après cette réussite, il a été approché par Diane Deschênes de la Maison de la culture de Shippagan pour présenter ses photos dans son patelin.

Élargir ses horizons

Avant de devenir un photographe professionnel à temps plein il y a quelques années, Stéphane Audet travaillait dans le domaine du commerce international. Son travail l’a amené à voyager dans plusieurs pays du monde. En visitant son premier pow-wow, il s’est rendu compte qu’il ne connaissait à peu près rien les nombreuses cultures autochtones qui rayonnent à quelques centaines de kilomètres de chez lui.

«Je connais plein de choses sur différentes cultures, mais je ne connaissais à peu près rien sur les Premières nations d’ici. Ç’a été une vraie prise de conscience pour moi. J’ai profité de cette occasion pour me plonger dans la lecture et écouter des documentaires pour m’enrichir de connaissances.»

En visitant les communautés sur son itinéraire, Stéphane Audet a pris soin de ne pas trop s’imposer afin de respecter les différences culturelles et de faciliter le tissage de nouveaux liens.

«Dans un premier temps, je suis arrivé assez discrètement. Je ne suis pas arrivé avec tous mes appareils pour m’imposer. Souvent, la première heure, je regardais simplement ce qui se passait. Il y a toujours un maître de cérémonie qui indique le déroulement de l’événement. Il nous dit si on peut ou ne peut pas prendre des photos. Je reste à l’écoute. Avant d’aller à un endroit, je prenais le temps de lire sur ces gens et cette communauté pour m’informer un peu. Sur place, je pouvais poser des questions par rapport à ce que j’avais lu ou appris.»

Bien qu’il en connaissait très peu sur les Premières nations avant cette aventure, le photographe a continué de s’intéresser et de travailler avec différentes nations autochtones.

Cet été, il a encore sillonné les routes du Québec pour prendre des photos de différentes attractions touristiques autochtones, dont le Centre d’interprétation Micmac de Gespeg, en Gaspésie. L’été prochain, il aimerait développer un projet qui lui permettrait de partir à la découverte des communautés autochtones du Nouveau-Brunswick.