Une compagnie locale obtient le contrat de la collecte des déchets à Tracadie

Le contrat de la collecte de déchets à Tracadie sera finalement accordé à une entreprise privée locale. Lundi soir, le conseil municipal a accepté d’offrir le contrat à l’entreprise Robichaud et Brideau Contractor pour la somme d’environ 1,14 million$ pour une période de deux ans.

La Municipalité régionale de Tracadie (MRT) avait lancé les appels d’offres il y a quelques semaines. Le conseil a unanimement arrêté son choix sur cette entreprise de Losier Settlement après avoir reçu des recommandations de la firme MSC Consultant.

Le contrat s’échelonnera du 20 janvier 2020 jusqu’au 13 janvier 2023. La municipalité a l’option de prolonger le contrat pour deux années supplémentaires, soit de janvier 2023 à janvier 2025, pour un montant de 841 589$.

La question de la collecte de déchets solides a fait couler beaucoup d’encre au cours des derniers mois. La MRT s’oppose notamment à un projet mis en place par la Commission de services régionaux de la Péninsule acadienne (CSR-PA), qui souhaite organiser sa propre collecte pour l’ensemble de la Péninsule acadienne.

Denis Losier, maire de Tracadie, a toujours maintenu que la municipalité s’oppose à ce projet, car elle aurait voulu que la CSR-PA tente ses chances auprès du secteur privé dans toute la Péninsule acadienne.

Le maire Losier est maintenant persuadé que son conseil avait raison de maintenir son bout du bâton. Selon lui, la MRT va réaliser des économies de 566 728$ au cours des cinq prochaines années.

«Avec les économies qu’on va faire, je suis prêt à dire que si la CSR aurait été de l’avant avec le privé, que c’est toute la Péninsule acadienne qui aurait profité de ces avantages. Ça aurait représenté des économies pour tous.»

«On a tenu notre bout. En réalité, on savait qu’en favorisant la compétition entre les entrepreneurs, que ça allait représenter un avantage pour les citoyens. Il n’y a pas de doute que la résolution d’accepter le contrat a été bien acceptée par le conseil. Notre position était bonne pour les citoyens.»

En août, la CSR-PA a appris que la Commission des emprunts accepte en théorie une demande d’emprunt de 3,13 millions$ pour lancer sa propre flotte, mais pour être conforme à la loi, Tracadie doit quand même voter en faveur du projet, car l’organisme a besoin de l’appui de l’équivalent du deux tiers de la population du territoire représenté. Avec ses 16 000 habitants, Tracadie possède par défaut un droit de veto, car il s’agit du tiers de la population de la Péninsule. Tracadie pourrait toujours exercer ce droit lors de la prochaine réunion de la CSRPA à la fin septembre.

La position de la MRT demeure impopulaire dans le reste de la Péninsule. L’Acadie Nouvelle a récemment révélé que le maire de Bertrand, Yvon Godin, tente actuellement de chercher l’appui de ses collègues de la Péninsule acadienne afin de convaincre le ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux de modifier la règle du droit de veto accordé à une municipalité détenant plus de 33% de la population d’une région lors d’un vote portant sur une question financière.

Amendement

Avant d’accepter la soumission de l’entreprise Robichaud et Brideau Contractor, le conseiller Jolain Doiron a proposé un amendement à la résolution pour changer la position de la MRT concernant l’intention de la CSR-PA de lancer sa propre collecte. M. Doiron proposait d’appuyer symboliquement ce projet, sans pour autant d’être obligé d’y participer financièrement. Le conseil était plutôt divisé sur cette question.

«Je pense que nous avons dépassé le stade des chicanes et des controverses. À un moment donné, il faut vivre et laisser vivre», a commenté la conseillère Ginette Brideau-Kervin.

«J’appuie l’amendement. Tracadie est toujours le centre de services péninsulaire. Si on se chicane avec nos voisins, je ne suis pas certain que nos commerçants vont garder les mêmes avantages», a dit le conseiller Jean-Yves McGraw.

Le conseiller Yolan Thomas s’est positionné contre.

«Je ne suis pas d’accord. Comme la CSR n’a pas lancé des soumissions péninsulaires, ça n’a pas donné la chance à nos entrepreneurs. On aurait pu dès le début voir les chiffres pour faire des comparaisons.»

Une faible majorité a approuvé l’amendement, mais elle a été ultimement rejetée en raison d’un règlement administratif. Pour changer une résolution adoptée il y a moins de 90 jours, un amendement doit être adopté par les deux tiers des élus.