Interdictions sur les mollusques: des ostréiculteurs prennent leur mal en patience

Les mesures de sécurité mises en place par le ministère des Pêches et Océans à la suite du passage de la tempête Dorian ne font pas l’affaire des producteurs d’huîtres.

Lundi après-midi, le ministère a émis une interdiction de récolter des mollusques sur les côtes de la province pour les sept prochains jours par crainte que la pluie n’ait répandu des contaminants dans l’eau, tels que des coliformes fécaux.

Les ostréiculteurs espèrent que les tests de la qualité de l’eau que fera le ministère dans les prochains jours seront conclusifs et qu’on leur permettra à nouveau de vendre leur marchandise.

En attendant, les affaires sont au point mort.

Marc-André Mallet est copropriétaire de l’Étang ruisseau bar de Shippagan, une entreprise de transformations de fruits de mer.

Selon lui, les précautions prises par le ministère sont fondées puisque la sécurité des gens est primordiale. Cela dit, il espère que les choses reviendront rapidement à la normale.

«Nous sommes en plein dans le point fort de la saison et les producteurs ne peuvent pas vendre leurs huîtres», explique l’entrepreneur.

«On peut s’attendre qu’une fois les interdictions terminées, les producteurs vont se presser de vendre leur stock. Ça met beaucoup de pression sur les usines», dit-il.

Son entreprise produit des huîtres, mais elle en achète aussi d’autres producteurs, qui sont soumis aux mêmes restrictions.

Les ostréiculteurs perdent du temps, mais ils ne perdront pas de marchandise, explique M. Mallet.

«Les huîtres ne sont pas perdues. Ce sont des filtreurs très efficaces, donc une fois que l’eau sera nettoyée, on peut s’attendre que dans 48 heures, ces huîtres-là vont être propres et que tout va revenir à la normale.»

Maurice Daigle, propriétaire de la Maison BeauSoleil, avait préparé une partie de son élevage d’huîtres en prévision de la tempête.

«On avait mis des huîtres de côté en prévision d’une possible fermeture. On a un inventaire d’huîtres pour environ 10 jours. Si ça dépasse 10 jours, ça va affecter nos marchés, mais pour l’instant on est correct.»

Il explique que les huîtres sont habituellement récoltées jusqu’au début du mois de novembre.

Pour lui, cette interdiction n’est pas idéale, mais il faut bien s’y faire.

Everard Thibodeau, ostréiculteur de Tracadie, avait près de 8000 paniers d’huîtres à l’eau lorsque la tempête Dorian a frappé les côtes.

«Ça m’affecte certain. Je ne peux même pas vendre d’huîtres», déplore-t-il.

«Si l’interdiction est prolongée, ça ne fera pas mon affaire. J’ai hâte que ça ouvre de nouveau!»