Pénurie de gardiens de sécurité dans les hôpitaux

Le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick demande au gouvernement du Nouveau-Brunswick de s’attaquer aux problèmes de sécurité dans les hôpitaux de la province.

Des documents obtenus par le syndicat en vertu de la Loi sur le droit à l’information démontrent qu’il existe une pénurie de personnel de sécurité dans les hôpitaux.

D’après les documents, jusqu’à 48 postes de gardiens de sécurité étaient vacants dans la province en date du 1er mai 2019 et le taux annuel de roulement des gardiens s’élève à 82%. Les deux tiers des gardiens de sécurité actuelle estiment qu’ils ne possèdent pas les ressources dont ils ont besoin pour bien exercer leurs tâches.

Une note d’information du Réseau de santé Vitalité du 30 juillet 2018 fait état du problème de recrutement.

«Depuis plusieurs années, et ce même avant le contrat actuel, le recrutement et la rétention d’agents de sécurité était un défi, mais maintenant devenu problématique principalement en raison du salaire offert. Ceci occasionne un haut taux de roulement du personnel, une perte d’expérience et de connaissances des établissements, des processus, du personnel ainsi que la reprise sans cesse d’orientation et de formation qui rend difficile la continuité et l’amélioration du service», peut-on lire.

Un contrat lie le Réseau Vitalité et l’entreprise de sécurité GardaWorld depuis le 1er juillet 2018 jusqu’au 30 juin 2020 avec une possibilité de renouveler l’entente pendant deux années supplémentaires.

Le taux horaire à cette date était de 15,25$/h pour un superviseur de sécurité et de 12,05$/h pour un agent. Les agents de stationnement gagnaient 11,25$/h, soit le salaire minimum à ce moment. Il a augmenté à 11,50$/h en avril 2019. Toujours selon la même note d’information, le salaire moyen versé au personnel de sécurité dans les hôpitaux du Québec et de l’Ontario s’élevait à 17,50$.

«L’information que nous avons reçue décrit un contexte dangereux et inacceptable relativement aux mesures de sécurité dans nos hôpitaux», dit Paula Doucet, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick .

«Ce qui est encore plus étonnant, nos employeurs étaient au courant depuis longtemps de ce manque de mesures, mais rien n’a été fait.»

Randolph Bruce Van Horlick est accusé de voies de fait envers une infirmière à l’hôpital Dr-Georges-L.-Dumont. – Acadie Nouvelle: Lili Mercure

Au cours des derniers mois, plusieurs cas d’agression ont été notés dans les hôpitaux de la province et des accusations ont été portées contre des individus. Par exemple, Bruce Rudolph Van Horlick, d’Acadieville, est actuellement accusé d’avoir attaqué une infirmière au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont en mars 2019. Son procès doit avoir lieu en février 2020.

Un nouveau règlement portant sur la violence et le harcèlement au travail a été adopté le 1er avril 2019. Il a été établi en vertu de la Loi sur l’hygiène et la sécurité au travail. Selon le règlement, les employeurs doivent maintenant signaler des lacunes en matière de sécurité. De plus, dans le cadre des conventions collectives des infirmières de la partie III, le gouvernement, par l’entremise de ses employeurs (les RRS), doit se conformer aux dispositions de la loi et au règlement.

«D’après l’information recueillie, nos membres sont exposés à des risques. Pour les syndiqués, il s’agit d’une violation flagrante de ses conventions collectives, d’une crise concernant la santé et la sécurité au travail dans les hôpitaux du Nouveau‑Brunswick et d’un déterminant dans la sécurité des patients», ajoute Paula Doucet.

Le SIINB affirme avoir tenté à maintes fois de rencontrer le premier ministre Blaine Higgs pour aborder la problématique de la violence dans les hôpitaux et pour trouver des solutions. À ce jour, les demandes sont restées sans réponse, affirme-t-on.

Violence inacceptable, tranche le ministre Flemming

L’Acadie Nouvelle a contacté le ministère de la Santé pour obtenir une réaction.

«La violence commise contre des infirmières, des infirmiers, ou n’importe quel autre employé dans un hôpital, voire n’importe quel milieu de travail, est inacceptable», indique le ministre Hugh Flemming.

«C’est la responsabilité des régies régionales de la santé de fournir et d’entretenir un milieu de travail sécuritaire pour les employés, les patients et les visiteurs. Nous allons continuer de travailler avec les régies et les autres parties concernées afin d’apaiser ces préoccupations. En fait, le gouvernement a rencontré le Syndicat des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick en juillet pour parler de cet enjeu.»