Pénurie de professionnels de la santé: Vitalité se tourne vers les communautés

En raison des pénuries de professionnels dans le domaine de la santé, le Réseau de santé Vitalité travaille plus étroitement avec les communautés du Restigouche. Les objectifs sont simples: attirer puis retenir les nouveaux arrivants.

Ils se rencontrent depuis un moment, le Réseau de santé Vitalité, des médecins, les villes de Dalhousie et Campbellton, ainsi que des représentants d’autres communautés de la région.

Ils cogitent et mettent tous l’épaule à la (même) roue afin de trouver des stratégies pour recruter différents travailleurs de la santé. Docteurs, spécialistes, infirmières… Les besoins sont criants et dans pratiquement chaque secteur de la santé.

Gisèle Beaulieu, du Réseau de santé Vitalité, croit que les communautés réalisent de plus en plus qu’elles peuvent jouer un rôle important dans le recrutement et la rétention de la main-d’œuvre en santé.

«La pénurie de main-d’œuvre est un enjeu majeur. Dans notre domaine, le risque qui en découle, c’est de compromettre un service. Et ça, personne ne veut que ça se produise. Ça nous préoccupe, et cela préoccupe également beaucoup les communautés où les défis commencent à être plus pressants», indique-t-elle, notant que le recrutement s’est imposé de lui-même comme une priorité pour le réseau depuis quelques années.

Si elle soutient qu’il y a toujours eu un dialogue avec les communautés, Mme Beaulieu avoue que celui-ci s’est intensifié dernièrement en raison de l’aggravation de la problématique, et en particulier au Restigouche.

«Dans nos stratégies de recrutement et de rétention, il faut continuellement se repositionner, revoir nos façons de faire. Mais une chose est certaine, on ne peut plus travailler en silo. Si l’on veut que ça fonctionne, avoir de plus grandes chances de succès, il faut impliquer les communautés, avoir leur soutien, travailler ensemble», dit-elle.

À la table, on retrouve notamment la Ville de Dalhousie. Là, on connaît bien la problématique du manque de main-d’œuvre. En fait, plus que la connaître, on la subit de plein fouet.

«Il manque actuellement quatre médecins à notre Centre de santé communautaire. Le résultat est qu’on a dû modifier à la baisse le nombre d’heures d’ouverture. Mais notre population est vieillissante et a justement besoin plus que jamais de ces services. Alors c’est important à nos yeux de faire partie de cette stratégie, question de corriger le tir», explique le maire de l’endroit, Normand Pelletier.

Celui-ci croit que tout le monde – y comprirent le réseau de santé et les communautés – a sous-estimé il y a plusieurs années l’ampleur de la pénurie de main-d’œuvre à venir dans le système de santé.

«On a baissé notre garde, mis un peu moins d’efforts sur le recrutement d’une part, et à se vendre de l’autre. Mais là, il faut se réveiller et agir», dit-il.

Le contexte de pénurie existe pour le Restigouche, mais est également présent pratiquement partout dans le système de santé de la province.

Mais comment une ville comme Campbellton ou Dalhousie par exemple peut-elle aider à attirer ces professionnels? Car après tout, ce ne sont pas elles qui possèdent les contacts dans le monde médical, non plus qui vont solliciter les étudiants à leur sortie des universités.

Le gros du travail se fait en réalité sur place, dans les communautés mêmes. Le mot clé: intégration.

«Quand on attire des professionnels de la santé dans un milieu, ils font partie de la communauté. Ils apportent souvent leurs familles avec eux. Et quand tout le monde se sent bien accueilli, que l’intégration fonctionne bien, on a de meilleures chances que ceux-ci restent et qu’ils convainquent à leur tour familles, amis et collègues de tenter l’expérience», note Mme Beaulieu, précisant du coup l’importance d’intégrer les professionnels de la santé à cette démarche.

Ça, c’est pour la rétention. Pour la portion recrutement, elle soutient que les communautés doivent faire valoir ce qu’elles ont à offrir comme style de vie, ce qui fait qu’elles se démarquent en terme d’activités, au chapitre socioculturel, etc.

«En mettant de l’avant les avantages de demeurer en région, les communautés nous aident à mieux les vendre à notre tour. C’est du marketing! Chaque région à ses forces, ses couleurs, ses attraits. Et ce n’est pas tout le monde qui veut aller rester dans les grands centres. Il y en a qui préfère avoir une qualité de vie avant tout et ça, c’est une force à exploiter», dit Mme Beaulieu.

Selon elle, ce partenariat avec les communautés n’est pas nouveau. Il s’est vu par le passé et a même donné des résultats par endroit.

Quatre postes de médecin sont vacants au Centre de santé communautaire de Dalhousie. – Archives