Dorian: les murets de Le Goulet ont été malmenés, mais ont réussi leur mission

Mis en place en 2013, le projet de restauration des dunes à Le Goulet a subi l’une de ses premières épreuves majeures le week-end dernier avec le passage de la tempête Dorian.

Bien que les murets artificiels sur la plage ont été grandement secoués, le maire Paul-Aimé Mallet estime qu’ils ont quand même mené à bien leur mission première.

Depuis son lancement en 2013, le projet a pour but de protéger le littoral de la municipalité contre l’érosion. Elle a notamment eu recours à de vieux sapins de Noël et à de vieux casiers de homard pour établir des murets permettant au sable de s’accumuler sur la plage.

Au cours des dernières années, plusieurs milliers de mètres cubes de sable ont également été transportés, le but étant toujours de préserver la dune qui constitue une barrière de défense naturelle contre les inondations et l’érosion.

Telle une armée sous attaque, les murets ont résisté aux soubresauts de Dorian, mais non sans peine.

«Nos murets ont été pas mal secoués. Les cages de homard mises en arrière ont été déplacées. Les 5000 mètres cubes de sable placés en 2018 ont été déplacés», dit Paul-Aimé Mallet, maire de Le Goulet.

M. Mallet reste tout de même convaincu de l’efficacité du projet.

«D’après moi, sans les murets, la mer serait rentrée dans les terres (ce qui aurait pu entraver l’approvisionnement en eau potable des citoyens). Je pense que notre mission a été réussie. Sans les murets, ça aurait été pire.»

Projet de recherche

Le projet de restauration des dunes a été mené en collaboration avec l’organisme Valorès, de Shippagan (anciennement l’Institut de recherche sur les zones côtières). Les travaux vont se poursuivre grâce à une subvention reçue par le biais du Fonds en fiducie pour l’environnement.

Valorès a reçu 30 000$ pour poursuivre son travail dans trois communautés de la Péninsule acadienne, soit Le Goulet, Néguac et Maisonnette. L’objectif est d’aider ces municipalités à s’adapter aux effets des changements climatiques.

Pour le moment, Le Goulet a toujours l’intention de poursuivre le projet de restauration des dunes, mais Paul-Aimé Mallet demeure ouvert à toutes les possibilités.

«Avec la recherche, il y aura peut-être de nouvelles idées qui vont sortir qui vont nous permettre d’essayer de nouvelles choses.»

La municipalité attend toujours la permission de transporter un autre 10 000 mètres cube de sable sur la côte. Ce sable provient de travaux de dragage effectués près du quai. L’étude d’impact environnemental a déjà été réalisée.

«Nous voudrions commencer les travaux au plus tard avec le 15 octobre.»

Le travail avec Valorès permettra aussi au conseil municipal de déterminer s’il doit adopter de nouveaux arrêtés municipaux pour mieux protéger la population.

Selon Marion Tétégan Simon, directrice scientifique – tourbières, sols et développement durable chez Valorès, les premières observations tendent à confirmer l’efficacité des ammophiles, une plante retrouvée dans les terrains sablonneux, pour la rétention des sables sur la dune.

Évidemment, Le Goulet est loin d’être la seule communauté touché par Dorian dans la Péninsule acadienne. En moyenne, une dizaine de pieds de terrain ont été perdus à certains endroits.

«Notre rôle auprès de la communauté est de fournir des plans d’adaptation aux changements climatiques. Nous avons travaillé de concert avec plusieurs municipalités de la Péninsule acadienne et un grand nombre est à l’étape de la mise en oeuvre de ces plans. Dame Nature étant imprévisible, il est plus que jamais important d’initier cette mise en œuvre pour éviter des surprises désagréables.»

Valorès a aussi reçu une autre subvention de 40 000$ poursuivre son programme de communication, d’éducation et de sensibilisation en matière d’adaptation aux changements climatiques.