Omera Shells: les odeurs font toujours des mécontents

Pas de relâche dans l’affaire de l’usine Omera Shells, à Richibucto. Des citoyens qui habitent près de l’usine se plaignent toujours des odeurs.

L’usine, qui a ouvert ses portes en 2017, transforme des coquilles de fruits de mer qui sont revendues sur les marchés asiatiques pour usage agricole.

Ce n’est pas la première fois que Claire Robichaud dénonce publiquement la situation. Celle qui habite à proximité de l’usine affirme que des odeurs désagréables sont propagées par le vent.

«Il n’y a pas grand chose qui a changé, sauf les promesses», déplore la citoyenne.

Elle estime que les odeurs perdurent depuis les tout débuts. Sa maison est à vendre depuis six mois, mais l’usine éloigne les acheteurs potentiels, dit-elle.

De leur côté, les dirigeants de l’usine jurent que le problème a été pratiquement résolu.

Un porte-parole, Fernand Gaudet, affirme que l’installation d’une nouvelle cheminée a réglé la plupart des problèmes. Il affirme qu’il n’y a aucune odeur qui se répand à l’extérieur des limites du terrain de l’usine.

«Ça va très bien. Il y a des gens qui se plaignent, mais on travaille de très près avec le ministère de l’Environnement.»

Il rappelle aussi que l’entreprise s’est munie d’un dépôt où elle envoie les coquilles qui ne peuvent être transformées, afin d’éviter de les laisser reposer à l’air ambiant.

Au ministère de l’Environnement, on dit regarder la situation de près. Le ministère a d’ailleurs forcé l’usine à cesser ses activités pendant deux semaines le printemps dernier.

Erika Jutras, porte-parole du ministère, explique qu’Omera a alors bénéficié d’une période d’essai de deux semaines pour démontrer que la situation s’était améliorée.

«Pendant cette période, aucune odeur inacceptable n’a été détectée et la compagnie a été autorisée à reprendre ses activités.»

Certaines plaintes ont été reçues depuis, mais les enquêtes menées n’ont révélé «aucun problème important».

«Nous n’avons reçu aucune plainte du maire ou des membres du conseil municipal. S’il est déterminé que les odeurs sont en train de redevenir un problème, le ministère prendra les mesures appropriées», dit la porte-parole.

Des odeurs avaient aussi été remarquées à l’école Soleil-Levant, située à proximité de l’usine. L’an dernier, des élèves avaient été forcés à passer leurs récréations à l’intérieur.

Ghislaine Arsenault, porte-parole du District scolaire Francophone-Sud, affirme que les odeurs ne se sont pas manifestées depuis le retour en classe.

Le maire veut passer à l’action

Si le ministère de l’Environnement n’a reçu aucune plainte de la part du conseil municipal, la situation pourrait bientôt changer.

Roger Doiron, maire de Richibucto, dit que les membres du conseil se sont rendus près de l’usine, après une réunion.

«La senteur se déplace, selon le vent. On était sous l’impression que la cheminée avait été allongée, mais ça ne semble pas avoir réglé le problème, et on ne sait pas pourquoi ça sent encore, mais ça sent», dit-il.

Il entend maintenant rencontrer le ministère de l’Environnement et la direction de l’entreprise. Il sera aussi question d’Omera Shells lors de la prochaine réunion du conseil municipal.

«La Ville doit voir à la qualité de vie de ses citoyens, c’est ce que je considère ma responsabilité. Si la qualité de vie de nos citoyens est affectée, il faut agir.»

Le conseil municipal est cependant partagé sur la question.

Le conseiller Dwayne Thompson croit que les odeurs sont parfois un mal nécessaire. Il estime aussi que les odeurs n’ont pas atteint des niveaux inacceptables depuis la fermeture forcée de mai dernier. Il dit aussi qu’il est habitué à ce genre d’odeurs puisqu’il habite près d’une usine de transformation de fruits de mer.

«C’est un couteau à double tranchant. On veut que nos citoyens soient heureux, mais on veut aussi des industries et des emplois.»

Le conseiller Denis Mazerolle souligne, par contre, que le nombre d’emplois à l’usine est beaucoup moins élevé que prévu.

«On nous a dit que ça allait créer plus de 70 emplois. Ça fait deux ans qu’ils sont là, et on n’a pas encore vu ces emplois», dit-il au téléphone.

En mai dernier, Fernand Gaudet affirmait au journal que l’usine employait une quinzaine de personnes.