Terminé les cellulaires et les tablettes à l’école de Balmoral

Afin d’encourager l’interaction et les échanges entre élèves, la direction de l’école primaire la Mosaïque du Nord de Balmoral a décidé de proscrire l’utilisation des téléphones cellulaires, tablettes et autres appareils de jeux électronique.

Du coup, l’établissement emboîte le pas à ses deux voisines immédiates – les écoles primaires Galion des Appalaches de Campbellton et Académie Notre-Dame de Dalhousie – où une politique similaire est également en vigueur.

«La philosophie derrière ça, c’est de faire en sorte que les jeunes socialisent davantage, qu’ils se parlent, qu’ils se regardent dans les yeux. On veut privilégier les relations humaines, et l’école c’est le moment par excellence pour ça. Malheureusement, ça n’arrivera pas si on leur laisse ces appareils électroniques entre les mains durant les pauses, les récréations et l’heure du dîner», parle avec expérience le directeur de l’établissement, Mario Paradis.

Selon lui, les jeunes élèves commencent très tôt à dépendre des appareils électroniques. Et cette dépendance se fait au détriment de leurs relations interpersonnelles.

«Les jeunes ont accès à leur cellulaire et autres appareils pratiquement tout le temps. À l’école, on leur dit simplement non, profitez plutôt de vos amis», ajoute le directeur.

Afin de compenser cette mesure et de favoriser les interactions, l’école a notamment fait l’achat de jeux de société.

Comme toutes règles imposées, celle-ci fait suite à l’identification d’une problématique. Dans ce cas-ci, M. Paradis a décelé que le nombre d’utilisateurs des appareils électroniques était de plus en plus élevé, et les utilisateurs de plus en plus jeunes. Il note également que l’utilisation des appareils peut causer certains inconvénients, surtout dans un contexte de lutte à l’intimidation.

«Nous avions comme directive que nos plus vieux (6e, 7e et 8e année) pouvaient se servir de leurs appareils lors des pauses. Mais depuis deux ou trois ans, certaines problématiques ont émergé. On a vu des jeunes prendre des photos ou vidéos. Ça avait donc le potentiel d’exporter des problèmes à la maison, les faire traîner les soirs et fins de semaine, mais aussi d’en importer à l’école. Au lieu de s’embarquer dans toute cette lutte-là, on s’est dit que le meilleur moyen était simplement de les interdire», confie le directeur.

Il précise toutefois n’avoir aucune envie de jouer à la police.

«On comprend que les jeunes qui voyagent en autobus le matin et le soir utilisent souvent leurs appareils pour se détendre, et c’est bien correct. Ce qu’on leur dit, c’est qu’une fois ici, ils doivent les serrer et ne pas les utiliser, à défaut de quoi il y aura des sanctions», dit-il.

M. Paradis tient à préciser que cette interdiction n’est en aucune façon un rejet de la technologie dans l’établissement.

«Au contraire, on croit dans leur utilisation à l’école, mais à des fins pédagogiques uniquement. On a des ordinateurs et des tablettes et on n’a pas l’intention de s’en départir. Mais cette utilisation est structurée», mentionne-t-il.