Soins aux aînés: l’AFANB réclame davantage de ressources

L’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick réclame davantage de ressources du gouvernement provincial pour améliorer les services de soins à domicile. Pour y arriver, cela implique, entre autres, une amélioration des conditions de travail des travailleurs et travailleuses œuvrant dans le domaine des soins aux aînés.

L’organisme s’est réuni ce week-end pour son assemblée générale annuelle au Carrefour communautaire Beausoleil de Miramichi. Durant cette rencontre, le conseil d’administration a réitéré ses priorité pour la prochaine année, dont celles concernant les soins à domicile et les conditions de travail dans les foyers de soins.

«Lorsqu’on parle aux aînés, le souhait est de rester le plus longtemps possible chez eux. Pour ça, ça prend de meilleures conditions pour les travailleurs et travailleuses. Ils doivent gagner des salaires adéquats et avoir des conditions de travail adéquates.

Ensuite, quand l’aîné ne peut plus rester à la maison, on demande la même chose pour les travailleurs et travailleuses dans les foyers», dit Solange Haché, présidente de l’AFANB.

À ce même sujet, l’organisme en a profité pour déplorer l’annulation d’un programme d’aide financière offert aux proches aidants, le printemps dernier. Selon le gouvernement provincial, le programme a été aboli en raison de la faible demande.

Selon Solange Haché, plusieurs obstacles attendaient ceux qui espéraient y avoir accès.

«Je l’ai essayé personnellement, surtout pour faire le test, et c’était difficile. Je peux comprendre pourquoi plusieurs gens n’y comprenaient rien. (…) Même si les gens ne recevaient pas tant que ça en prestations, ça leur permettait d’avoir un peu de reconnaissance. Ce n’est pas évident d’être un proche aidant. Il faut s’occuper de tout, c’est-à-dire les finances, les médicaments, les rendez-vous. Je pense qu’un manque d’information claire a fait que les gens ne se sont pas prévalus de ce service.»

De meilleurs services en français…

L’AFANB espère aussi que le gouvernement provincial donne suite à un engagement de réévaluer les services en français dans les foyers.

Depuis plusieurs années, des aînés soulèvent des préoccupations à cet égard. L’anglais l’emporte souvent dans les foyers en milieu minoritaire.

Une partie de sa stratégie consiste à poursuivre ses démarches auprès d’Ottawa pour qu’une partie des transferts fédéraux reçus par la province soit consacrée au développement des communautés linguistiques en milieu minoritaire.

«En 2016, la ministre Lisa Harris (ancienne ministre provinciale responsable des aînés) a promis de mettre sur pied un comité pour étudier les services en français en ce qui concerne les services aux aînés. L’attente a été longue, mais un comité a éventuellement été formé et il a émis des recommandations. Depuis ce temps, on attend toujours. On veut remettre le dossier sur les rails.»

Une charte pour les droits des aînés

L’AFANB entend également pousser le gouvernement provincial à adopter une Charte pour les droits des aînés. Le mandat de protéger les aînés appartient actuellement au Bureau du défenseur des enfants et de la jeunesse. Le responsable de ce bureau, Norman Bossé, s’est déjà dit inquiet de ne pas avoir suffisamment de ressources pour s’occuper des dossiers des aînés.

«Il y a beaucoup d’aînés qui subissent de la maltraitance. Il y a un bureau pour les enfants et la jeunesse, mais c’est le même bureau qui est responsable pour la protection des aînés. Le gouvernement lui a donné cette tâche sans lui accorder plus de ressources. Le bureau a déjà du mal à répondre à tout ce qui concerne les jeunes.»

Élections

Les aînés comptent profiter de la campagne électorale pour essayer de faire avancer certains dossiers. Un document a été préparé et sera remis aux candidats afin de les convaincre des bienfaits de leurs demandes.

«Lorsqu’ils vont tenir des réunions publiques, on invite nos membres à assister pour poser des questions sur des questions fédérales, comme les pensions, les médicaments… Il y a beaucoup de demande pour un programme d’assurances médicaments universelles. Il y a moins de dossiers fédéraux que provinciaux, mais il y a quand même pas mal de choses.»