Propriété inesthétique: Caraquet arrête temporairement ses démarches judiciaires

La Ville de Caraquet arrête temporairement ses procédures judiciaires contre un citoyen demeurant dans une propriété jugée inesthétique au centre-ville. Elle accorde à l’auteur d’une pétition contre cette démarche et ayant déjà recueilli plus de 330 signatures le temps nécessaire pour convaincre ledit résident de la demeure de procéder au nettoyage de sa cour.

Le conseil municipal a récemment adopté la mise en place de mesures après avoir reçu des plaintes officielles concernant la présence de vieilles voitures rouillées dans la cour de cette maison en très mauvais état, mais toujours habitée.

Selon des images du logiciel Google Street View, certains de ces véhicules n’auraient pas bougé depuis une dizaine d’années.

Le comité d’urbanisme de la Ville a tenté à plusieurs reprises de communiquer avec le propriétaire de cette demeure (qui réside à l’extérieur de la région et qui n’est pas le résident actuel des lieux) afin de régler la situation à l’amiable, mais sans succès.

Guy Lanteigne a lancé une pétition «Habiter en paix à Caraquet» sur les réseaux sociaux pour obliger la Ville de Caraquet de faire marche arrière dans ses démarches judiciaires. Après avoir discuté avec le maire et la direction, il a obtenu l’arrêt temporaire des procédures.

«Excellente première nouvelle concernant la Ville de Caraquet contre la propriété jugée inesthétique, a-t-il partagé au journal. Je me suis entretenu avec le maire Kevin Haché et avec la direction. La Ville de Caraquet suspend ses procédures pour l’instant. Merci à celles et ceux qui ont signé la pétition. Elle a tout de même amassé plusieurs centaines de signatures en à peine 48 heures.»

En fait, lundi midi, au-delà de 330 personnes ont appuyé la requête de M. Lanteigne, qui cherche à en obtenir 500.

«Cette propriété du centre-ville, nous connaissons tous. La Ville se dit dérangée par “l’inesthétisme” de cette propriété. Je souhaite discuter avec l’occupant et, si j’obtiens son accord, organiser une mobilisation citoyenne pour l’aider à rénover et embellir sa propriété pour qu’il puisse continuer d’y vivre en paix», a poursuivi M. Lanteigne.

Le directeur général de la Ville de Caraquet, Marc Duguay, a confirmé l’arrêt temporaire des procédures judiciaires.

«On veut laisser le temps à M. Lanteigne de rencontrer le propriétaire et l’occupant. On ne voit aucun problème avec ça et c’est pourquoi nous arrêtons momentanément les procédures. Cependant, on ne peut les suspendre, car ça prendrait alors une résolution votée par le conseil municipal. On va donc laisser la chance au coureur», a-t-il signifié.

La Ville affirme avoir essayé à plusieurs reprises, par voie de lettres et de rencontres, de convaincre le propriétaire de cette demeure de déplacer volontairement les voitures. Ce dernier aurait refusé, selon le maire.

Étant donné que le comité d’urbanisme était maintenant à bout de solutions, la Ville a alors accepté de mandater l’avocat de la Commission des services régionaux de la Péninsule acadienne d’entamer des démarches judiciaires et d’obtenir une ordonnance obligeant ledit propriétaire de retirer ses vieilles automobiles.

Le sujet des lieux inesthétiques à Caraquet a régulièrement fait les manchettes dans la dernière année. La Ville a notamment amorcé des procédures judiciaires, avant de les suspendre, contre un pêcheur de homard qui entreposait ses trappes à l’extérieur sur un terrain vacant. La Ville a ensuite modifié ses règlements, permettant un entreposage pourvu que soit construite autour une clôture haute de deux mètres.