Chasse à l’as: il ne reste que six cartes dans le paquet à Saint-Simon

À Lamèque, il ne restait que neuf cartes. À Inkerman, on s’est rendu à cinq. À Saint-Simon, il n’en reste plus que six. Ces trois chasses à l’as ont «veillé tard» avant que l’heureux élu tourne la carte chanceuse. Malheureusement, elles n’ont pas toutes généré le même succès financier.

Au dépanneur Mailloux de Saint-Simon, des citoyens se présentent pour acheter leur liasse de billets pour le prochain tirage prévu jeudi soir. C’est loin de faire la file, mais la préposée au comptoir admet que le roulement est bon.

Ainsi, la loterie proposera un gros lot de 25 670$ et 30% des ventes de la semaine dans moins de 48 heures.

Certes, ce ne sont pas les 3,9 millions $ remportés à Lamèque en juin 2017, ou encore le record de plus de 4 millions $ gagnés à Inkerman à deux semaines de Noël. Mais pour Claudette Chiasson, chaque dollar amassé depuis le 1er novembre, date du lancement de ce concours, est précieux.

«Sommes-nous fébriles? Tout le comité est fébrile! Depuis qu’il ne reste que dix cartes, on ne touche plus à terre! Moi, j’ai dit qu’on allait se rendre à quatre et il n’y en a plus que six…», lance joyeusement cette charmante bénévole pour le Comité de rénovation de l’église de Saint-Simon.

Les sommes recueillis sont réparties comme suit: un quart pour le Chalet des capitaines, une salle multifonctionnelle prisée des amateurs de plein air, un quart pour les travaux à l’église de Saint-Simon, 30% pour le détenteur du billet gagnant et 20% va directement dans le gros lot.

Jusqu’à maintenant, l’argent accumulé a pu assurer la réfection de la toiture du bâtiment religieux de bois, qui a célébré son centenaire en 2017, le changement des fenêtres et la réparation de la section de la sacristie, sans oublier des retouches au système de chauffage.

«Nous avons un bon comité qui travaille très fort, confie Mme Chiasson. On le fait parce que nous tenons à notre église. C’est la seule identité qui nous reste à Saint-Simon, après avoir perdu notre école, notre caisse et notre coopérative.

Cette chasse à l’as de pique est peut-être l’un des secrets les mieux gardés de la Péninsule acadienne. Ayant obtenu très peu de publicité, elle a aussi dû se battre contre un très gros joueur dès le départ. Dans ses deux premiers mois, il n’y en avait que pour la loterie du Comité du pont d’Inkerman, avec un gros lot toujours plus alléchant.

Ensuite, la période des Fêtes et les mois de janvier et février. De mars à juin, c’était le travail dans les usines à poisson. Ce n’est à compter de juillet que l’intérêt a été plus important, calcule Mme Chiasson.

«Pour réussir, ça prend l’appui des gens, soutient-elle. Ils doivent participer monétairement. Nous avons le droit d’aller chercher quelques dollars pour notre église et notre communauté, mais ça prend l’appui des paroissiens. On fait tout ça bénévolement grâce à des gens en qui on peut avoir confiance et qui sont honnêtes, des gens avec qui c’est agréable de travailler dans ce genre d’activités, que ce soit la chasse à l’as, des soupers, des bingos, etc.»

Reste seulement à savoir si la prédiction de Claudette Chiasson va se réaliser. Et ça, on ne le saura que vers 20h, jeudi soir.