Groupe Océan: la cale sèche pourrait être mise à l’eau mercredi

Groupe Océan tentera de déplacer la cale sèche du chantier naval de Bas-Caraquet à l’eau mercredi. Cette nouvelle fenêtre d’opportunité, qui survient deux semaines avant les prochaines grandes marées, est possible grâce au travail d’experts de l’entreprise québécoise.

La structure de 1550 tonnes a bougé vers la mer à une vitesse d’un mètre aux 45 secondes (0,08 km/h) mardi après-midi. On parle d’une distance de près de 20 mètres avant de toucher l’eau.

Une fois au large, le bâtiment devrait rester dans les environs deux à trois jours afin d’effectuer les tests de flottaison nécessaires avant de prendre la direction du chantier de Québec, a indiqué Philippe Filion, directeur des affaires publiques et corporatives de la compagnie.

«Quand nous avons manqué notre fenêtre d’opportunité de la fin août en raison des procédures judiciaires (entamées par le gouvernement provincial), nos experts chez Groupe Océan ont travaillé sur une solution qui nous permettrait de mettre la cale sèche à l’eau pendant des marées hautes moins avantageuses», a-t-il indiqué.

Le défi était de parcourir une distance trois fois plus longue qu’à marée très haute avec cet équipement qui roule sur des ballons de caoutchouc. La pression alors exercée sur toute la structure faisait en sorte qu’elle pouvait casser en deux, selon Groupe Océan.

Les employés de l’entreprise ont donc renforcé le mur de la cale qui va toucher l’eau en premier avec des câbles de rétention. Pendant ce temps, une barge à treuil, qui est déjà à l’eau, va contrebalancer les forces en tirant la structure.

«L’idéal serait d’y arriver le plus rapidement possible, mais nous voulons surtout que la procédure soit sécuritaire. On essaie aujourd’hui (mardi) tout en se donnant la possibilité d’une deuxième chance mercredi», ajoute M. Filion. Cette cale sèche, construite au coût de 13 millions $, est la propriété du gouvernement provincial. Groupe Océan va la louer sur une période de 20 ans.

Récemment, le torchon a brûlé entre les deux partenaires. Le gouvernement Higgs est parvenu à empêcher la mise à l’eau à la fin août avec une ordonnance de saisie. L’entreprise a répliqué avec une injonction qui a été entendue en Cour fédérale à Montréal.

Le juge a alors donné raison à Groupe Océan, mais l’a obligée à payer un dépôt de garantie de 260 000$. Cependant, comme la haute marée était passée, la cale est demeurée au sec à Bas-Caraquet.

La compagnie québécoise a profité de ce délai pour terminer les travaux en faisant appel à un entrepreneur spécialisé en électricité maritime du Québec puisque, selon M. Filien, ce genre d’expertise n’était pas disponible au Nouveau-Brunswick.

Groupe Océan étudie toujours de poursuivre le gouvernement Higgs en raison des contrats perdus causés par le retard de la mise à l’eau de la cale sèche.

Là-dessus, le porte-parole de l’entreprise a été peu loquace.

«Nous allons faire valoir nos droits», a-t-il commenté.