Cueillette des ordures: le veto de Tracadie continue de faire couler beaucoup d’encre

La Commission des services régionaux de la Péninsule acadienne (CSR-PA) réplique à la Municipalité régionale de Tracadie (MRT) dans le dossier controversé de la collecte des déchets. L’organisation regroupant les maires et les DSL regrette que le maire Denis Losier utilise son droit de veto pour bloquer le projet de création d’une flotte de cueillette des ordures.

Tout en reconnaissant le pouvoir décisionnel de la MRT sur les questions qui abordent le budget et les demandes d’approbation d’emprunt, la CSR-PA reproche à Tracadie d’utiliser ce droit acquis parce qu’elle détient plus d’un tiers de la population régionale pour bloquer un projet qui ne la concerne plus.

«Ce qui est questionné actuellement par les membres de la CSR-PA n’est pas le fait que la MRT possède un droit de veto, mais bien qu’elle utilise ce droit pour bloquer un projet qui n’a aucun impact sur les finances de sa municipalité», mentionne le porte-parole aux communications, Cédric Landry.

Il ajoute que la MRT a clairement indiqué son intention de ne pas participer à ce service collaboratif en envoyant une lettre le 24 mai à la CSR-PA l’informant qu’elle procédera, à partir de 2020, à sa propre collecte. Récemment, la Ville a procédé à des appels d’offres et vise lancer son service auprès de ses 16 000 citoyens dès la nouvelle année.

M. Landry poursuit que son organisation a procédé à deux appels d’offres auprès de l’entreprise privée pour la moitié (six des 11 zones) de ses contrats de collecte. Les hausses substantielles proposées ont incité les communautés à étudier la possibilité d’acquérir leur propre équipement de collecte, indique-t-il.

«Cette tendance n’est pas unique à la Péninsule acadienne puisque bon nombre de régions au Nouveau-Brunswick ont subi des augmentations similaires. C’est pour cette raison que certaines communautés des régions Chaleur et du Restigouche ont choisi récemment d’effectuer elles-mêmes la collecte.»

Quant à la suggestion d’un appel d’offres pour l’ensemble de la région de la Péninsule acadienne de la part de la MRT afin de comparer ces coûts avec ceux du projet d’achat de camions de collecte par la CSRPA, M. Landry précise qu’un tel procédé n’a pas pour but de connaître le prix de marché afin de le comparer avec une autre solution, mais bien d’acquérir le service ou le bien recherché.

«Les membres de la CSR-PA ont décidé de procéder à une étude de faisabilité pour mieux analyser l’option d’achat des camions de collecte. Cette étude a été réalisée par une firme externe et a été présentée aux membres de la CSRPA le 25 avril. Les données reçues ont permis de constater que la prise en charge du service de collecte par la CSR-PA engendrerait, pour les communautés, une stabilité financière des coûts de collecte pour une période d’au moins sept à 10 ans», continue-t-il.

Cédric Landry affirme que les économies prévues à la MRT et sa propre flotte viendront de la proximité du centre de tri, situé à Tracadie.

«Dans les faits, la MRT payait un peu plus pour son service de collecte. Toutefois, le retour en taxation foncière provenant du Centre de transfert des déchets et l’activité économique reliée aux activités de collecte et de triage compensaient les sommes versées de plus dans le système régional. Faisant maintenant cavalier seul, c’est sans surprise que la MRT profitera dès 2020 d’économies pour son service de collecte des déchets. Les économies dont bénéficiera la municipalité ne sont pas uniquement le fruit d’une saine compétition entre les entrepreneurs, mais bien en raison de sa proximité avec le centre de transfert», croit-on à la CSR-PA.

La prochaine rencontre régulière de l’organisme est prévue le jeudi 26 septembre, à Néguac.