La Première Nation d’Esgenoôpetitj veut mettre la main sur le quai de Bas-Caraquet

La Première Nation d’Esgenoôpetitj (Burnt Church) a déposé une offre officielle au ministère des Pêches et des Océans pour acquérir le quai de Bas-Caraquet, le dernier encore fonctionnel dans la communauté. Le village négocie actuellement avec les représentants autochtones, car il tient à garder un accès pour ses pêcheurs côtiers locaux.

Le maire de Bas-Caraquet, Roger R. Chiasson, a expliqué que ce pont a été abandonné par le fédéral, qui l’a offert à Fredericton, qui a refusé. Alors que le village s’attendait à ce qu’on vienne cogner à sa porte, les élus ont été surpris d’apprendre que les règles avaient changé et que les Premières Nations avaient priorité.

Étant donné que la Première Nation d’Esgenoôpetitj possède une usine de transformation de produits de la mer dans le parc industriel, qu’il y a eu des présences autochtones auparavant sur le territoire et qu’Ottawa veut promouvoir le développement économique autochtone, elle a sauté sur l’occasion et déposé une offre officielle au fédéral afin d’acquérir le quai.

«Nous sommes un village de pêcheurs qui vit de cette économie depuis plus de 300 ans. Nous avons déjà eu trois quais ici. Celui qui reste est le seul encore utilisable, mais il a été abandonné par le gouvernement fédéral qui veut investir ses efforts dans le quai de Caraquet. Mais on l’utilise encore. Il y a des débarquements de trappes à homard ou du déchargement de maquereaux. Nous aurions aimé l’acquérir. Nous avions l’option de le clôturer et de recevoir un certain fonds de réserve pour le préserver. Sauf que ça nous a échappé», a soutenu le maire.

«C’est le dernier monument de cette industrie ici. C’est beaucoup moins occupé qu’à Caraquet, mais on y trouve encore une certaine activité. Des pêcheurs s’en servient. Il y a aussi des stations de pompage et le chantier naval.  On veut le préserver aussi longtemps que possible. Nous avons beaucoup de rencontres avec les représentants de la Première Nation à ce sujet. On essaie de négocier pour conserver des acquis», informe M. Chiasson.

La Première Nation d’Esgenoôpetitj a l’intention d’utiliser le quai pendant la saison de crabe des neiges pour de l’amarrage de bateaux et du déchargement. Cependant, le site a besoin de rénovations importantes et urgentes.

La tempête Dorian a aussi endommagé cette structure. Plusieurs débris jonchent la rampe d’accès. Une section est même fermée à toute présence physique. La détérioration est visible, mais des estimations prévoient une durée de vie d’encore de 10 à 15 ans, a fait savoir le maire. Par contre, il faudra agir immédiatement pour le réparer si les pêcheurs côtiers – moins d’une dizaine – veulent s’en servir le printemps prochain.

«Ce sont des réparations très dispendieuses. Si la Première Nation d’Esgenoôpetitj en prend possession, on espère qu’elle va le rénover rapidement. Leurs représentants ont rencontré le gouvernement fédéral et les deux parties ont une très bonne collaboration. On a espoir que les autochtones viendront y faire du développement économique et réussira à débloquer des fonds pour le rénover. Le chef Alvery Paul (de la Première Nation d’Esgenoôpetitj) nous a écoutés, il comprend nos préoccupations et il nous a demandé de dresser une liste de ce que nous aimerions garder. On va lui envoyer ça sous peu», assure le premier élu de Bas-Caraquet.