Brian Sonier souhaite relancer la construction navale dans la région de Tracadie

Après une vingtaine d’années à l’extérieur de la province, Brian Sonier, un constructeur de bateaux avec une longue feuille de route, est de retour dans la Péninsule acadienne. Il compte mettre à profit sa vaste expérience dans la construction navale afin de relancer l’industrie dans la région de Tracadie.

Sonier Boat Builders a pignon dans l’ancienne quincaillerie Rona à Pont-Landry, dans la Municipalité régionale de Tracadie. Pour le moment, la jeune entreprise se spécialise dans la réparation et la modification de bateaux de pêche. Au cours de la prochaine année, l’entrepreneur a l’intention de construire des bateaux de pêche sur mesure.

«Ça s’en vient. Maintenant, j’ai le bâtiment et l’espace pour le faire», dit l’homme âgé de 57 ans.

Brian Sonier, originaire de Sheila, n’est pas seul dans son entreprise. Il s’est associé à un acolyte de longue date, Danny Roussel. Les deux hommes travaillent ensemble depuis plus de 30 ans. Ensemble, ils possèdent près de 60 années d’expérience dans le domaine.

M. Sonier a commencé très jeune. Il a appris à maîtriser les rouages du métier en travaillant avec son père.

«J’ai commencé à apprendre vers l’âge de 6 ou 7 ans, parce que mon père était constructeur de bateaux. Il avait commencé comme pêcheur et il réparait des bateaux. Avec le temps, il a laissé la pêche pour se concentrer sur la construction de bateaux neufs pour d’autres pêcheurs.»

Après ses premiers pas dans la construction navale, il a eu envie de poursuivre la tradition familiale en fondant sa propre entreprise, Russo Boat Builders, avec Danny Roussel et d’autres membres de sa famille en 1985.

«On construisait des bateaux pour pêcher le hareng. C’était un travail qui prend plus de temps, mais qui marchait bien.»

Incendie

Sa vie a pris un tournant inattendu en 1996. Un violent incendie a complètement détruit l’édifice de Russo Boat Builders. Deux bateaux se trouvaient à l’intérieur.

«C’était une perte totale…», regrette-t-il.

Puisqu’il avait déjà travaillé avec des pêcheurs du Québec, il s’est installé définitivement en Gaspésie à la fin des années 1990 pour poursuivre ses activités professionnelles avec une nouvelle entreprise.

«On faisait plusieurs choses. On prenait des bateaux de 55 pieds et on les rallongeait à 63 pieds.»

Après 20 ans, l’homme d’affaires avait le goût de revenir dans son coin de pays. Au départ, il avait songé à installer son entreprise dans la région de Paquetville. Les démarches n’ont pas porté leurs fruits. Il loue actuellement des installations à Pont-Landry.

La relève…

Même lorsqu’il était jeune, la construction navale demeurait un secteur de niche au Nouveau-Brunswick.

«Je sais qu’il y avait une entreprise à Pokesudie (près de Bas-Caraquet) qui faisait du travail semblable. Mais ça se passait surtout dans le sud de la province, dans le coin de Cap-Pelé.»

De nos jours, rares sont les endroits où il est possible d’apprendre le métier.

«C’est difficile à trouver de la relève. Il faut que tu sois dedans pour l’apprendre. D’après moi, si un jeune s’intéresse vraiment à la construction navale, il faut l’apprendre sur le terrain avec des gens d’expérience.»