CIMS-FM fait vibrer les ondes du Restigouche depuis maintenant 25 ans

La radio est loin d’être morte. À tout le moins dans le Restigouche alors que la station francophone locale souligne avec vivacité son premier quart de siècle.

C’était jour de fête mercredi à Balmoral. La Coopérative Radio Restigouche, connue aussi sous le nom de CIMS 104-FM, célébrait le 25e anniversaire de sa première journée de mise en ondes, le 19 septembre 1994.

Et en dépit de l’arrivée des radios numérique et des chaînes de musique en continu (tel que Spotify), cette dernière est toujours aussi dynamique qu’à ses débuts. En fait, plus que de simplement survivre, elle tire même étonnamment bien son épingle du jeu.

Preuve de l’appui continuel de la communauté envers elle, la radio a fracassé – pas plus tard que mardi – son record personnel de ventes de calendrier-loterie, l’une de ses principales campagnes de financement annuelles. En tout, 732 calendriers ont trouvé preneurs, l’ancien record étant de 603 (en 2008).

«Pour nous, ça signifie beaucoup. C’est une preuve que les gens soutiennent leur radio, qu’ils veulent qu’elle continue de grandir», exprime Gary Ouellette, directeur général de la station.

Ce dernier aux commandes depuis maintenant trois ans et demi. Il l’avoue, il a hérité d’une machine déjà bien huilée et bien soutenue par sa communauté.

«À ses débuts, la radio est venue combler un vide énorme dans la région. La communauté francophone n’avait pas ou très peu de voix sur les ondes des radios présentes. Même chose pour la réalité acadienne. CIMS arrivait donc à point et est toujours là aujourd’hui pour poursuivre ce mandat», raconte-t-il.

Depuis six ou sept ans, les choses vont plutôt bien au niveau financier. Mais comme toute organisation, ça n’a pas toujours été le cas. La radio a connu son lot des hauts et des bas.

«Il y a des décisions qui furent prises que l’on croyait bonne à l’époque, mais qui ont au contraire occasionné des déficits. Aujourd’hui, on est à l’aise et on est très conscient que l’on est choyé, car ce ne sont pas toutes nos consœurs en Atlantique qui peuvent en dire autant», souligne le directeur général.

Succès et technologie

La clé du succès de la radio selon ce M. Ouellette? Un contenu de qualité en ondes, une présence marquée dans la communauté, et aussi l’utilisation des médias sociaux.

«On est très présent sur les médias sociaux avec, entre autres, plus de 10 000 “followers” sur Facebook. On est très dynamique sur ceux-ci, car c’est là que se trouve dorénavant notre clientèle. On ne peut plus rester seulement une radio au sens conventionnel du terme. On doit se vendre sur toutes les plateformes avec, comme objectif, d’apporter les gens vers nous. Les médias sociaux nous servent en fait à rappeler à nos auditeurs de nous synchroniser», indique M. Ouellette.

Mais si les nouvelles technologies ont un bon côté, il les craint également de l’autre.

«C’est notre grande peur d’être un jour remplacé par des chaînes satellites ou internet dans les oreilles des automobilistes, c’est certain. Mais pour le moment, les statistiques démontrent que les auditeurs nous demeurent fidèles. Et ça, c’est en partie en raison de notre proximité avec eux, les gens veulent s’entendre, se reconnaître dans leur radio», dit-il.

Pour souligner leur anniversaire, la radio se met en mode festif pour les douze prochains mois. Concours, spectacles de danse et de musique et même un tournoi de jeux vidéos… La direction veut être visible dans sa communauté.

«Si l’on veut continuer de grandir, c’est important d’amener le public – et surtout les jeunes – à nous aimer pour autre chose que simplement le contenu radiophonique», exprime M. Ouellette.

Nouveautés

Un anniversaire n’en serait pas un sans cadeaux.

Radio Restigouche soulignera ainsi de façon tangible le passage de son premier quart de siècle avec l’achat d’une bâtisse (sur la rue Water) à Campbellton dans le but d’y déménager son studio satellite.

«On ne se le cachera pas, beaucoup de personnes aimeraient travailler ou faire du bénévolat pour la radio, mais le fait de devoir se déplacer à Balmoral constitue un obstacle. C’est la raison pour laquelle nous avons mis sur pieds notre station satellite à Campbellton, et le nouvel emplacement sera encore mieux adapté pour jouer ce rôle. Ce sera plus grand, plus lumineux, plus invitant», exprime M. Ouellette prenant soin d’ajouter que les locaux de Balmoral continueront de jouer le rôle de siège social.

En plus du nouvel immeuble, la direction entend accroître son équipe d’employés permanents, passant de sept à neuf. Ces nouveaux postes toucheront l’animation et la co-animation.