Dorian: les dommages seront visibles longtemps sur les plages du Sud-Est

Des groupes environnementaux ont remarqué des dommages importants sur les plages et autres zones côtières du sud-est de la province depuis le passage de l’ouragan Dorian.

Plus de 10 pieds de sable ont été balayés par endroits sur des plages du Sud-Est, selon Julie Cormier, directrice de Vision H2O, un groupe environnemental de Cap-Pelé.

«Dans certains secteurs, de 10 à 15 pieds de dune ont été perdus. Et la végétation a été endommagée par les grandes vagues.»

La plage de l’Aboiteau a subi des dégâts importants. Pire, à quelques minutes de marche de là, la plage Emery Léger a complètement disparu, selon elle.

Julie Cormier explique qu’une dune est un écosystème dynamique et que le sable change naturellement de place au gré des vents. Une perte si importante de sable en si peu de temps, par contre, laisse beaucoup de place à l’érosion.

«Normalement, les dunes aident à absorber l’impact de la tempête. Maintenant que les dunes n’ont presque plus de sable, ça rend les zones côtières plus vulnérables. La prochaine tempête pourrait causer plus d’inondations et l’eau de la mer pourrait frapper les marais», dit-elle.

Elle estime que certains secteurs de la côte pourraient prendre plusieurs années à s’en remettre, même avec l’aide de son organisme, qui a transplanté plus de 2700 ammophiles (des plantes herbacées vivaces qui aident à préserver les dunes) sur les plages du Sud-Est au cours des sept dernières années.

Rémi Donelle, de l’Association du bassin-versant de la Baie de Shediac, a aussi constaté des dommages importants.

«On a perdu beaucoup de sable. Il y a eu beaucoup d’érosion sur les côtes à cause des vents, l’eau a monté, et des poissons. Il y a aussi beaucoup de déchets qui ont été déplacés», dit-il au téléphone.

La tempête a aussi endommagé de nombreuses plantes ammophiles.

«Ces plantes-là, c’est ce qui retient le sable. La perte des plantes ammophiles et du sable, ça fragilise l’écosystème. S’il y a une autre tempête qui arrive avant que la dune n’ait le temps de se rétablir, c’est sûr que l’érosion sera encore pire», avance le porte-parole.

À Cocagne, l’érosion a grugé plusieurs pieds de côte. Wiebke Tinney, coordonnatrice du Groupe de développement durable du pays de Cocagne, explique que la mer a endommagé le chemin Lover’s lane. Il a dû être réparé.

«Les vagues ont rongé le terrain jusqu’à la rue», dit-elle.

Les dommages à l’écosystème ont été plus prononcés que prévu après le passage de la tempête Dorian. – Gracieuseté

Plage Parlee

La plage Parlee, à Pointe-du-Chêne, près de Shédiac, a encaissé un dur coup, selon Allen Bard, directeur des parcs et attractions au ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture.

«On a perdu de quatre à cinq pieds de sable à certains endroits, et il va falloir qu’on mette un plan en place pour renflouer la plage.»

À intervalles réguliers, son ministère puise du sable dans l’océan pour le remettre sur la plage afin de protéger les berges.

«La perte du sable est un phénomène qui devient de plus en plus important. On remarque que le climat a changé dans les dix dernières années. Avant, on ajoutait du sable tous les deux ou trois ans, mais maintenant, c’est presque chaque année, parfois même deux fois par année», explique-t-il.

M. Bard prévoit qu’il faudra transporter du sable sur les côtes à deux reprises cette année: une fois à la fin de l’automne, et une fois après les tempêtes de l’hiver.

«Nos collègues dans les autres provinces de l’Atlantique, et même sur la côte ouest, remarquent le même phénomène.»

Il dit que la province devra se doter d’un plan de rétention du sable afin de protéger les dunes et les plages touristiques.

L’érosion est un défi constant pour son ministère, notamment au site touristique des rochers Hopewell, sur les côtes de la baie de Fundy.

«On dépense des centaines de milliers de dollars pour installer des roches afin de ralentir l’érosion. Cette année encore, on va dépenser près d’un demi-million. Ce n’est plus seulement des pouces de terrain qu’on perd, c’est rendu des pieds», dit-il.