Nouveau pont de Shippagan-Lamèque: pas de voie pour les cyclistes?

Les maires de Shippagan et des îles Lamèque sont préoccupés. Ils ont été informés, de la bouche même du Comité du pont Lamèque-Shippagan, que le ministre des Transports, Bill Oliver, songeait toujours à ne pas inclure une voie de transport actif à ce nouveau lien routier.

Jules Haché, de Lamèque, Anita Savoie Robichaud, de Shippagan, Bernard Savoie, de Sainte-Marie-Saint-Raphaël, et Paul-Aimé Mallet, de Le Goulet, ont fait ni une ni deux et ont rencontré le vice-premier ministre Robert Gauvin, en début de semaine.

Ils se sont unis pour mentionner clairement et fermement au député-ministre de Lamèque-Shippagan-Miscou qu’il n’était pas question que le nouveau pont n’ait pas une voie réservée pour les cyclistes et les marcheurs.

Des analyses sont actuellement en cours afin de déterminer l’endroit où serait construite la nouvelle arche qui viendrait remplacer celui érigé en 1957 et qui montre des signes d’usure importants.

Deux possibilités sont étudiées, une à l’ouest de l’actuelle structure, et l’autre à l’est. Dans les deux cas, on parle d’un tracé d’environ 500 mètres, mais sans lien de transport actif.

Le maire de Lamèque a indiqué que les quatre maires ont choisi de faire front commun pour envoyer une lettre à M. Gauvin et au ministre des Transports. Parce que le cyclisme est en voie de développement et que la Péninsule acadienne est une région favorisée pour cette activité – juste à penser à la véloroute -, les maires trouvaient que c’était un non-sens que ce nouveau lien routier tant attendu ne contienne pas une section non motorisée.

«Nous avons voulu leur partager notre désaccord devant cette information. En discutant avec le vice-premier ministre, il a tenté de nous rassurer et il croit que c’est dans cette direction qu’il faut aller pour ce pont qui sera là pour les prochains 75 à 100 ans. C’est important de penser aux prochaines générations», a mentionné Jules Haché.

Cependant, le maire de Lamèque ajoute qu’il n’a pas senti que le député-ministre de Lamèque-Shippagan-Miscou était prêt à prendre un engagement ferme sur cette question. Mais il précise que c’est son opinion, pas nécessairement celle de ses trois collègues.

«Je trouve ça dommage, indique M. Haché. J’ai partagé au ministre des Transports mon point de vue à ce sujet et ça s’est arrêté là. Disons seulement que je ne me sens pas entièrement rassuré. C’est mon sentiment personnel et on va s’en reparler entre les maires.»

La mairesse de Shippagan, Anita Savoie Robichaud, s’est dite satisfaite de la rencontre avec M. Gauvin. Elle prétend que l’élu du gouvernement Higgs avait une bonne écoute concernant les doléances des maires. Mais elle regrette également qu’il ne se soit pas compromis en leur faveur.

«Nous avons fait valoir notre point et nous avons très bien expliqué  au ministre Gauvin notre position. Mais il ne s’est pas engagé. Là-dessus, je rejoins l’inquiétude du maire de Lamèque. On ne devrait pas être là à se battre encore pour ça. Cette voie devrait déjà faire partie de plans», a-t-elle évalué.

Plus tôt cet été, le Comité du pont Shippagan-Lamèque avait rencontré le ministre des Transports et des Infrastructures à Fredericton, en compagnie du député-ministre Robert Gauvin. Il avait obtenu comme information que le nouveau pont pourrait ne pas contenir une section de transport actif. La position du ministre Oliver ne semble pas avoir changé depuis.

«Pour nous, les maires, une telle voie semble si logique qu’on ne peut concevoir le nouveau pont sans ça. Mais comme le ministre ne nous le dit pas clairement, on demeure dans le doute. On se demande s’il faut intervenir, aller plus loin, faire d’autres démarches. On aimerait placer notre énergie ailleurs dans d’autres projets. Dans ce sens, on trouve que c’est très désolant», poursuit M. Haché.

Pour l’instant, le projet du nouveau pont liant Shippagan aux îles Lamèque est à l’étape des études environnementales depuis cet été. Aucun plan n’a encore sur les planches à dessin. Donc, le maire de Lamèque affirme qu’il n’est pas trop tard pour le ministre Oliver de changer son avis.

Jeremy Trevors, porte-parole aux communications du ministère des Transports et de l’Infrastructure, a indiqué à l’Acadie Nouvelle qu’une décision concernant la présence d’une voie de trafic actif pour le nouveau pont sera prise lorsque les travaux techniques d’avant-projet et l’étude d’impact environnemental, qui sont tous les deux en cours, seront terminés.