Plainte à propos de la nourriture dans un foyer

Guy Ouellette est un patient du foyer de soins St. Thomas de la Vallée de Memramcook. Il a développé une plaie de pression au début du mois. Le frère qui en a la tutelle, Paul Ouellette, pense que cette lésion de la peau et des tissus sous-jacents est due à la mauvaise nourriture qui serait servie dans l’établissement.

Une plaie de pression peut avoir différentes causes, dont la nutrition, mais aussi le grand âge, selon un document du gouvernement québécois. Guy Ouellette est âgé de 60 ans.

«Nous avons essayé un nouveau coussin pour sa chaise pendant une semaine. Je crois que la plaie s’est faite à ce moment-là», raconte la préposée aux soins, Annette Bourque.

«Il est bien nourri, affirme-t-elle. Mais il n’est pas un résident facile à faire manger, que le repas soit bon ou pas.»

Elle assure que son équipe lui apporte des déjeuners de qualité. Au menu hier matin, d’après elle: gruau, tartines, banane et jus de pomme.

L’établissement se conforme aux normes

Le rapport de l’inspection du foyer St. Thomas de la Vallée de Memramcook, effectuée cette année par le gouvernement, signale que le service alimentaire de l’établissement répond à toutes les normes établies. Une diététiste évalue notamment les besoins de chacun des pensionnaires.

«La bouffe n’est vraiment pas bonne, s’indigne pourtant Paul Ouellette, qui certifie manger souvent avec son frère. C’est de la viande en conserve à moitié cuite, avec un légume, parfois aucun.»

Le retraité a montré ce qui paraît être une prescription du psychiatre de son frère. Le document conseille à ce dernier la prise de vitamines et un régime incluant des légumes et des fruits frais.

Le docteur aurait en effet constaté des carences dans le sang de Guy Ouellette.

La direction mise en cause

«Ici, c’est clair que c’est la gérance qui n’agit pas», se révolte Paul Ouellette. Il pense que le manque de moyens et de personnel dénoncés depuis mars dernier par les employés syndiqués ne provoque pas les problèmes qu’il dénonce.

La direction du foyer St. Thomas de la Vallée de Memramcook n’a pas répondu aux sollicitations de l’Acadie Nouvelle.

Paul Ouellette dit avoir déposé des plaintes auprès du ministère du Développement social et du Défenseur des aînés du Nouveau-Brunswick.

Ces deux organismes indiquent ne pas pouvoir commenter de dossiers spécifiques.

Un bain hebdomadaire

Paul Ouellette ajoute que son frère n’a le droit qu’à un bain par semaine alors qu’il porte des couches.

Cette constatation correspond à l’objectif des foyers de soins du Nouveau-Brunswick, dont les travailleurs lavent par ailleurs les résidents tous les jours.

«Dernièrement, on ne parvient pas à faire beaucoup des bains hebdomadaires parce qu’on est à court de travailleurs, confesse Mme Bourque. Mais Guy Ouellette a eu son bain la dernière fois.»

«Je me bats pour le respect et la dignité des personnes qui sont les plus vulnérables de la société, proclame Paul Ouellette. Garder le silence, ça voudrait dire consentir.»