Tracadie: la nouvelle salle de spectacles ouvre enfin ses portes

Après plusieurs années d’attente, la Municipalité régionale de Tracadie a enfin sa nouvelle salle de spectacles. Le nouvel amphithéâtre J.-Armand-Lavoie a ouvert ses portes ce week-end.

Le premier concert officiel a été présenté samedi soir devant plus de 300 spectateurs par l’auteur-compositeur-interprète Wilfred LeBouthillier.

La rénovation de la salle de spectacles de 500 places, située en annexe à la Polyvalente W.-A.-Losier, a demandé près de 6 millions $ en investissements. Ils ont surtout été répartis entre les gouvernements fédéral et provincial ainsi que la Municipalité régionale de Tracadie. Plusieurs autres partenaires et commanditaires se sont greffés au projet en cours de route.

Dimanche après-midi, la population était invitée à venir découvrir les lieux dans le cadre d’une journée portes-ouvertes.

Évangéline Mallet et sa fille Nancy Chiasson figuraient parmi les citoyens curieux.

«Nous sommes venues voir des pièces de théâtre au fil des années, mais c’est vraiment différent par rapport à ce qu’il y avait ici auparavant. C’est très beau», dit Évangéline Mallet.

«J’ai gradué de la polyvalente en 1998, alors quand je suis entrée, je me suis dit que ç’a avait beaucoup changé depuis mon temps», explique Nancy Chiasson.

Nancy Chiasson n’était pas au spectacle de samedi soir avec Wilfred LeBouthillier, mais elle a déjà ses billets pour celui du week-end prochain qui mettra en vedette le groupe Qw4rtz.

«J’ai hâte de voir de ça.»

La nouvelle salle a aussi laissé une bonne impression sur Chantal Comeau, de Tracadie.

«Quand je suis entrée pour la première fois, je me sentais comme une jeune fille dans un parc de jeux. J’adore la culture. J’ai déjà été agente culturelle et je suis fière de cette salle. Je ne pouvais pas croire que nous étions à Tracadie. J’avais l’impression d’être complètement ailleurs.»

Mme Comeau est bénévole pour la Société culturelle des Tracadilles. Elle a notamment participé à la vente de sièges, une campagne de financement importante.

«Je crois beaucoup en ce projet et je savais que ça nous prenait des fonds. Avec cette salle, nous allons pouvoir faire venir des artistes que nous n’avons pas souvent la chance de voir ici.»

Des spectacles de plus grande envergure

La nouvelle salle compte plus de 500 sièges. Ce détail est important, indique Ghislain Basque, président de la Société culturelle des Tracadilles.

«Certains artistes refusent de présenter un spectacle dans une salle de moins de 500 places, donc maintenant, nous allons pouvoir accueillir des spectacles de plus grande envergure.»

Dans la vie de tous les jours, Ghislain Basque est technicien de tournée. Il a vu des centaine de salles dans sa vie. Il considère que celle de Tracadie fait partie des plus belles.

«Lorsque je suis entré pour la première fois, la salle était au-delà de mes espérances.»

«Je me souviens lors du premier spectacle que j’ai fait il y a plusieurs années, au début des années 1980, il a fallu arrêter en plein milieu pour que je monte débloquer le rideau. Je me dis que nous n’aurons pas à régler ce problème», lance-t-il à la blague.

Une salle bien équipée

La salle de spectacles est aussi très bien équipée. Les sièges sont grands et confortables. Selon plusieurs spectateurs, le son de samedi soir était d’une grande qualité.

«Ça fait toute la différence. La réputation d’une salle peut se faire ou se défaire dans les premiers mois. Si le son n’est pas bon au départ, la réputation est déjà entachée et c’est difficile de se ramener par la suite. Ici, nous voulions que ça marche dès le début pour que les gens soient accrochés et puis qu’ils reviennent nous voir.»

Sans le dire directement, M. Basque faisait allusion à un différend qui opposait la Société culturelle des Tracadilles à la Municipalité régionale de Tracadie.

La Municipalité régionale de Tracadie demandait notamment à la Société culturelle des Tracadilles de lui rembourser, avant le 13 septembre, une partie ou la totalité d’un prêt de 800 000$ visant à acheter de l’équipement adéquat pour la salle.

Le conseil municipal de Tracadie avait rejeté en réunion extraordinaire une proposition de remboursement offert par la Société culturelle des Tracadilles et a voté à l’unanimité une résolution exigeant l’arrêt de tout effort de marketing et de publicité (vente de billets, location de salle, engagement actuel et futur) de sa part.

La semaine dernière, les élus ont adopté une résolution lors d’une rencontre extraordinaire pour donner le mandat à l’administration de rédiger une nouvelle entente.

Quand la politique s’invite à l’ouverture…

L’ouverture de l’amphithéâtre J.-Armand-Lavoie a été marquée par une mini-controverse. Vendredi soir, lors d’un événement visant à souligner la contribution des donateurs et des commanditaires, des artistes ont profité d’un discours du maire Denis Losier pour monter sur la scène en arborant des t-shirts sur lesquels il était écrit, «2020, il faut que ça change».

L’auteur-compositeur-interprète Maxime McGraw (photo) était du nombre. À noter, Maxime McGraw est le fils du conseiller Jean-Yves McGraw.

«On voulait lancer un message pour dire que nous avons besoin de changement. On est rendu là. J’habite ici depuis toute ma vie et dans ma vie d’adulte, je n’ai jamais vu autant de division, de chicanes et de négatif autour de notre belle région. On ne montre le doigt à personne. On veut que les gens réfléchissent à la question pour se demander si Tracadie est sur la bonne voie.»

L’artiste précise aussi que la Société culturelle des Tracadilles n’avait absolument rien à voir avec ce coup.

«C’était le mot d’ordre, parce que nous ne voulions pas nuire à la Société culturelle des Tracadilles. Nous voulions simplement passer un message et le faire dans le respect et de façon pacifique. D’ailleurs, par la suite, le déroulement de la soirée a repris son cours.»

Ghislain Basque, président de la Société culturelle des Tracadilles, trouve dommage que les artistes aient choisi de se servir de cette plateforme pour manifester leur mécontentement.

«Je comprends que les gens veulent s’exprimer, mais tout ce que j’espère, c’est que ça n’apporte pas d’ombrage aux relations qui sont en train de se refaire entre les partenaires. Nous n’étions pas au courant. Je peux dire que nous n’étions pas derrière ça. C’était mal choisi comme moment.»