La communauté de Kedgwick dit «adieu» à son ancienne école primaire

C’est une partie de l’histoire de Kedgwick qui est tombée au sol, mardi, alors que l’ancienne école primaire Écho-Jeunesse a croulé sous le pic des démolisseurs.

Il y avait beaucoup d’émotions et beaucoup de curieux en matinée dans le stationnement de l’école Écho-Jeunesse de Kedgwick alors que l’on s’affairait à jeter par terre les murs de cet établissement vieux d’une soixantaine d’années.

Sur le terrain, l’ensemble des élèves de la maternelle à la 12e année de ce secteur – qui cohabitent désormais tous sous le même toit à l’école Marie-Gaétane – avait été convié au spectacle et observait avec attention le travail des démolisseurs.

Entre les cris des élèves excités par le spectacle, on pouvait aussi percevoir une certaine nostalgie au sein du personnel enseignant et des employés de l’école, mais aussi chez les citoyens de l’endroit venus dire un dernier «au revoir» à l’établissement scolaire qui a bercé leur enfance.

«J’ai un gros pincement au cœur ce matin de voir mon école être démolie. C’est un gros morceau qui part. On en a des souvenirs qui sont rattachés à cette école. Si seulement les murs pouvaient parler», raconte sans gêne Thérèse Paquet.

Plus jeune, cette dernière a fréquenté l’école Écho-Jeunesse. Elle y a travaillé pendant plus de trente ans, notamment comme assistante à l’éducation. Elle travaille aujourd’hui à l’école voisine.

Non loin d’elle, on retrouve la mairesse de Kedgwick, Janice Savoie. Cette dernière n’a pas fréquenté l’école Écho-Jeunesse. N’empêche, elle était très émue lors des premiers coups de pelles.

«J’écoute les gens parler, se remémorer des souvenirs, et ça me touche beaucoup. C’est une page de notre histoire qui se tourne aujourd’hui. Mais, aussi triste soit cette démolition, ça demeure une journée positive pour Kedgwick parce qu’on avance. La population s’est tenue debout et a réussi à obtenir un beau projet pour notre école Marie-Gaétane, pour regrouper tous nos élèves dans une école moderne. Il y a de quoi être fier», dit la mairesse.

Représentant de Kedwick sur le conseil d’éducation du District scolaire francophone Nord-Ouest, Steeve Savoie abonde dans le même sens.

«Les employés responsables de la démolition ont commencé par l’intérieur il y a quelques semaines et ils devaient porter des masques en raison de la présence d’amiante dans les murs. À mes yeux, c’est donc une bonne chose que nos élèves fréquentent un établissement plus adéquat et que celui-ci soit démoli», exprime-t-il, notant que le projet de modernisation de l’école Marie-Gaétane est considérable, plus de 10 millions $.

À ses côtés, l’émotion est plus palpable. La directrice de l’école Marie-Gaétane, Hélène Chouinard, observe les travaux en tenant bien serrée dans ses mains une brique «souvenir» de son ancienne école. Car il faut dire que celle-ci a également été directrice et enseignante à Écho-Jeunesse.

«C’est une partie de notre histoire qui s’en va, c’est vrai. Mais quand on voit ce que nous aurons au final en retour, c’est un sacrifice qui en valait la peine», dit-elle.

Des sentiments partagés

Dans la foule, on rencontre également Allie Chouinard, sa fille. Élève de 12e année, elle est l’actuelle présidente du conseil étudiant de l’école Marie-Gaétane. Plus jeune, elle a également fréquenté l’école Écho-Jeunesse en plus d’en assumer, là aussi, le rôle de présidente du conseil des élèves. Elle avoue avoir des sentiments partagés en voyant son ancienne école tomber.

«C’est un peu bizarre, car on a tous beaucoup de souvenirs qui sont rattachés à l’école. Mais en même temps, on doit penser à ce qui s’en vient, soit un beau parc pour les futurs élèves. Sinon, ça va vraiment bien la cohabitation sous le même toit. On voit les plus tout petits passer dans les corridors et on trouve ça pas mal cute», souligne-t-elle.

Cette dernière fait bien de le mentionner, car un coup l’école Écho-Jeunesse complètement rasée, le terrain vacant fera place à un parc pour enfants qui comprendra plusieurs structures de jeux. On veut également installer sur place des classes extérieures, question d’offrir aux jeunes une perspective différente de l’enseignement.

À noter que l’école Marie-Gaétane, la voisine de l’école Écho-Jeunesse (et qui n’abritait autrefois que les élèves du secondaire), accueille désormais tous les élèves de ce secteur du Restigouche-Ouest, de la maternelle à la 12e année. La cohabitation se fait depuis janvier dernier. Il s’agissait donc, le mois dernier, de la toute première «rentrée scolaire» officielle de cette nouvelle mouture qui comprend environ 275 élèves.