Le Salon du livre de Dieppe forcé de réduire ses activités

Le Salon du livre de Dieppe est contraint de réduire le nombre d’activités de lecture à quelques semaines de son ouverture puisqu’une demande de financement de 29 000$ lui a été refusée.

Alain Roberge, président de l’organisation de l’événement, a été estomaqué d’apprendre la nouvelle en août.

«On nous a répondu qu’on ne pouvait pas nous donner la subvention demandée.»

Selon Alain Roberge, la lettre indiquant le refus du financement précise aussi que la demande de financement du Salon du livre de Dieppe n’a pas obtenu «un rang suffisamment élevé» pour l’obtention d’une subvention dans les limites budgétaires de l’organisme fédéral.

Le président affirme aussi qu’il attend des nouvelles du Fonds du livre du Canada, un autre bailleur de fonds fédéral.

Cela place l’organisation dans une situation gênante, selon Alain Roberge. Il explique qu’il est difficile de trouver d’autres sources de financement dans un délai si court.

Le manque de financement pousse les organisateurs à inviter moins d’auteurs à se rendre dans la région pour l’événement, qui se déroule au Collège communautaire à Dieppe, du 24 au 27 octobre.

Ils devront aussi réduire le nombre d’activités dans les écoles, dans les bibliothèques publiques et dans les foyers de soins.

«À certains endroits, au lieu d’y avoir deux animations, il n’y en aura qu’une. Nous avons aussi éliminé les réceptions lors du lancement du Salon le jeudi et lors de la clôture de l’événement», explique Alain Roberge.

«On a essayé de ne pas trop amputer les activités et d’aller économiser de l’argent là où ça fait le moins mal.

Alain Roberge estime que le Salon du livre peut être un moyen d’intéresser la jeunesse à la lecture.

«Couper le financement, ce n’est pas une bonne manière d’encourager la lecture. Au Salon du livre, on met les efforts pour encourager la lecture en français dans un milieu minoritaire», souligne-t-il.

Deux autres salons du livre, ceux d’Edmundston et de la Péninsule, ont reçu du financement de la part du Conseil des arts.

«De notre côté, on a reçu du financement comme on le recevait d’habitude», explique François Cormier, directeur général du Salon du livre de la Péninsule acadienne.

Même son de cloche du côté du Salon du livre d’Edmundston, selon Annie Lamoureux, directrice générale de cet événement. Elle précise que le financement a été accordé sur une base pluriannuelle il y a déjà trois ans, jusqu’en 2020.

Une responsable des communications du Conseil des arts, Mireille Allaire, explique que les demandes qui ne reçoivent pas de financement demeurent confidentielles et qu’il est donc impossible de connaître les raisons exactes du refus.

Youssef El Jai, directeur du programme Rayonner au Canada au sein du Conseil des arts, explique que les demandes de financement sont analysées par un comité d’évaluation par les pairs.

«Les comités effectuent un classement. C’est possible qu’une demande ait obtenu une évaluation positive, sans par contre atteindre un rang suffisamment élevé dans le cadre du concours pour recevoir une subvention. C’est un processus très compétitif et les subventions ne sont pas garanties d’une année à l’autre», précise-t-il.