L’allaitement en public est bien accepté au N.-B., disent des mères

À l’occasion de la semaine mondiale de l’allaitement maternel, l’Acadie Nouvelle s’est entretenue avec Pascaline Vanoplynus, mère de quatre et accompagnante à la naissance dans le nord du Nouveau-Brunswick. Mme Vanoplynus soutient que l’allaitement en public est souvent mieux perçu qu’on le pense dans la province.

Originaire de la France, Mme Vanoplynus élevait ses enfants dans l’Ouest canadien avant de se poser à Bathurst, en 2008.

«J’ai voyagé un peu partout », a-t-elle partagé. «J’ai allaité à Vancouver, en Belgique, à Bathurst… et je n’ai jamais reçu de regards vilains.»

La mère de 49 ans précise qu’elle ne s’est jamais cachée pour nourrir ses enfants.

«J’ai allaité mes enfants dans des restaurants, à la piste de ski, à l’église le dimanche matin et je n’ai jamais reçu de commentaires méchants.»

Selon elle, l’allaitement en public est beaucoup plus accepté que le laissent croire les médias sociaux.

Les récits scandaleux – comme ceux de mères appostrophées publiquement – qui apparaissent sur Facebook ne reflètent pas la réalité de toutes les femmes, a prévenu l’accompagnante.

«Il faut être vigilant en revendiquant l’allaitement en public, car ce n’est pas ça qui va faire une différence. En réalité, ça fait plutôt peur aux nouvelles mamans.»

Au lieu de souligner les incidents où un individu manque de respect à l’égard d’une mère qui donne le sein à son bébé, Mme Vanoplynus voudrait que l’accent soit mis sur le bien-être de la femme durant sa grossesse et son accouchement.

C’est là que surviennent les vrais problèmes, explique-t-elle.

«Je remarque que trop souvent les médecins et infirmières ne font pas le lien entre accouchement et allaitement.»

Elle soutient que pour assurer le succès de l’allaitement, il faut également que la mère se sente «victorieuse pendant la période postnatale».

«La bataille ne consiste pas à faire la chasse aux vilains regards, elle consiste à respecter l’accouchement physiologique dans les hôpitaux et à s’assurer que la nouvelle mère a du soutien.»

Les mères néo-brunswickoises

Le journal a aussi voulu donner la parole à des mères néo-brunswickoises qui ont fait le choix d’allaiter.

Maud Michel, mère de deux bambins, a accepté de partager son expérience dans la Péninsule acadienne.

«Je n’ai jamais eu de problèmes à Caraquet»,a-t-elle mentionné.

Aucune remarque déplacée, aucun regard insistant. Elle souligne toutefois que l’allaitement n’est pas toujours facile et que c’est important de s’entourer de gens bienveillants.

«Tu penses que tout vient naturellement et tout est beau comme dans les films, mais ce n’est pas le cas. C’est difficile, mais en même temps ça procure tellement d’avantages. C’est beau!»

À Bathurst, Cynthia LeBreton, mère de jumeaux, raconte son histoire au bout du fil.

«Je n’ai jamais eu de mauvais commentaires», a-t-elle dit. «Souvent nous allions aux parties de hockey et je n’ai jamais eu de problème à allaiter là.»

La jeune mère a rencontré d’autres obstacles en nourrissant ses jumeaux, mais elle garde après tout des souvenirs précieux de cette période.

«Tant que la maman et les bébés sont confortables!» a-t-elle lancé.

L’allaitement, la durée de l’allaitement, et toute la logistique qui l’entoure sont des choix entièrement personnels, rappelle Mme Lebreton.

Du côté d’Edmundston, Melissa St-Amand se réjouit aussi d’avoir pu allaiter ses deux petits.

«Une expérience tout simplement extraordinaire»,a-t-elle résumé.

Dans son entourage, Melissa St-Amand remarque de plus en plus de tolérance.

«Oui, il y a parfois des regards, mais plutôt par curiosité», a-t-elle exprimé. «Moi, je ne me suis jamais empêché d’allaiter en public.»

Finalement, à Moncton, Anouk Doiron emboîte le pas en décrivant les cinq premiers mois de bébé Mélodie.

«Je n’ai jamais dû faire face à de mauvais commentaires. J’ai allaité au parc, dans des restaurants, dans des cafés et même aux pommes lorsqu’elle était dans le porte-bébé sur moi», a-t-elle confié en rigolant.

«Ça aide que mon conjoint et mes amis m’appuient. J’ai adoré mon expérience et elle continue!»

Des exceptions

Nathalie Landry, infirmière et consultante en allaitement dans la Péninsule acadienne, explique qu’en général plus les enfants grandissent, plus les regards deviennent pesants pour les mères allaitantes.

«Au sein de notre groupe de soutien, il y a toujours des femmes qui ne sont pas à l’aise en public», a-t-elle dit.

Au Québec, allaiter dans les lieux publics est protégé par la Charte des droits et libertés de la personne. Dans les autres provinces, seules l’Ontario et de la Colombie-Britannique incluent spécifiquement les droits des femmes qui allaitent dans leurs lois provinciales.