L’avenir du Port de Dalhousie inquiète

Le maire de Dalhousie, Normand Pelletier, se dit inquiet par rapport à l’avenir du port de mer de sa communauté, et plus particulièrement depuis qu’il a appris que ce dernier prévoit liquider certains biens afin d’acquitter deux amendes.

Autrefois fierté de la municipalité, le Port de Dalhousie n’accueille aujourd’hui que bien peu de vaisseaux. En fait, celui-ci ne s’est jamais remis de la fermeture de la papetière AbitibiBowater et de la centrale thermique d’Énergie NB, ses deux principaux clients. Certes, le port a connu un petit soubresaut de vitalité avec le projet d’exportation de copeaux de bois, mais ce dernier a levé l’ancre peu de temps après l’accident fatal qui a coûté la vie à un employé. C’est d’ailleurs afin de payer les deux amendes liées à cet accident malheureux que les responsables ont annoncé devoir liquider certains biens.

Et le maire de l’endroit se demande bien comment celui-ci compte renverser la situation s’il commence à se départir peu à peu de ses actifs.

«On a un port d’une grande qualité, mais il n’est pas utilisé. Il n’y a pratiquement plus personne qui y travaille à part un administrateur à temps partiel. Ce n’est pas comme ça que l’on va attirer du trafic ici. Encore moins en vendant ses acquis. C’est vraiment frustrant comme situation», exprime le maire.

S’il dit comprendre la situation, M. Pelletier estime qu’il est grand temps que ça bouge du côté du port, sinon c’est ni plus ni moins que la banqueroute qui l’attend. Il n’a pas non plus de solution miracle à proposer, c’est pourquoi il lance aujourd’hui un appel aux idées.

«S’il ferme boutique, qu’est-ce qu’on fait? C’est notre seul port de mer au Restigouche, une infrastructure avec un potentiel incroyable qu’on ne peut se permettre de perdre. Ça mérite selon moi une grande réflexion régionale, un peu comme nous avons fait avec l’aéroport de Charlo», estime le maire.

Celui-ci croit par ailleurs que le port aurait tout intérêt à tenter un partenariat avec son voisin, le Port de Belledune, qui lui est sur une bonne lancée depuis quelques années.

«Je n’ai pas toutes les réponses, mais je sais qu’il faut que ça bouge et vite si l’on veut sauver notre port», estime le maire.

Un centre de recyclage?

Voilà une idée intéressante pour relancer les activités du port.

Bien qu’elle n’en soit pas propriétaire, la Ville a néanmoins été approchée il y a un certain temps avec un projet pour le moins particulier qui impliquerait le port ainsi que le terrain de l’ancien AbitibiBowater. En fait, deux organisations différentes ont soumis sensiblement une même idée, soit l’instauration d’un centre de recyclage marin. Cette possibilité figure d’ailleurs dans la plateforme électorale du candidat conservateur dans Madawaska-Restigouche, Nelson Fox.

«Le port accueillerait des bateaux (marine, garde côtière, etc.) afin qu’ils soient démantelés. On nous a soumis cette possibilité il y a quelques mois, mais on n’en a pas réentendu parler depuis un moment. Il faut dire que ni le terrain de la papetière ni le port ne nous appartiennent, c’est donc difficile de soutenir ces projets», souligne le maire.

Ce dernier l’avoue, cette possibilité demeure intéressante, alléchante même.

«C’est bien de voir que le port suscite de l’intérêt, mais c’est encore tellement embryonnaire comme projet. Et il faudrait voir si cela cadre avec ce que l’on veut à Dalhousie, car on tente de s’éloigner des industries polluantes. On a déjà donné avec la papetière», prévient M. Pelletier.