La pénurie de personnel s’aggrave dans les hôpitaux

Gilles Lanteigne, PDG du Réseau de santé Vitalité, est d’avis que la pénurie de main-d’oeuvre dans les hôpitaux ne pourra pas se régler seulement en recrutant davantage.

La pénurie de main-d’oeuvre dans les hôpitaux continue de se faire sentir.

«Pour Vitalité, c’est le défi numéro un», indique Gilles Lanteigne en entrevue, à l’issue de la réunion du conseil d’administration du réseau de santé, mardi après-midi.

Il explique que Vitalité peine à régler le problème. Selon lui, le réseau doit recruter localement et à l’international, mais il constate la présence d’une «tendance lourde».

«Ça va prendre plusieurs années avant qu’on recrute tous les gens dont on a besoin. Il faut songer à d’autres façons de réussir à compenser.

Au rythme actuel du recrutement, les prochaines années s’annoncent difficiles.

«On ne pense pas qu’on peut atteindre le nombre d’employés dont on a besoin à court terme parce qu’on continue à perdre du monde. Selon nos prévisions, l’écart s’agrandira chaque année pendant les trois ou quatre prochaines années.»

Essentiellement, Vitalité prévoit perdre plus d’employés qu’elle n’en gagnera si la tendance se maintient pour les années à venir.

Gilles Lanteigne affirme que le Réseau de santé «travaille très fort» pour inciter les jeunes à se lancer dans des programmes d’étude reliés au domaine de la santé. Il rappelle toutefois qu’il faut plusieurs années pour former un diplômé.

Malgré la stratégie de recrutement «agressive» du Réseau, il faudra trouver des moyens de s’en tirer avec moins d’employés, selon lui.

Il croit par exemple que l’arrivée de nouvelles technologies d’analyse plus efficaces pourrait permettre de combler des lacunes.

«On peut avoir des résultats d’analyse beaucoup plus rapidement, donc on a besoin de moins de monde pour faire le même travail.»

Ces systèmes informatiques plus efficaces sont déjà en place dans certains laboratoires du réseau, selon le président.

Il explique que ce genre de changements s’amorceront aussi dans certains domaines médicaux ainsi que dans des domaines administratifs tels que la comptabilité, les finances et la planification des ressources humaines.

«Il y a beaucoup d’outils informatiques qui nous permettront d’être plus efficaces et de compenser une partie de nos besoins de main-d’oeuvre.»

Johanne Roy, vice-présidente aux services cliniques chez Vitalité, a indiqué aux membres du conseil d’administration que 90 nouvelles infirmières ont rejoint les rangs du Réseau dans la dernière année.

On est cependant loin de régler le problème, selon elle.

«On pourrait facilement engager 200 infirmières demain matin et on n’aurait aucune difficulté à les placer.»

Elle explique qu’en moyenne, de 7% à 8% des postes d’infirmières sont vacants dans la province. Dans certaines régions, ce taux atteint 10%.

«Si on calcule les absences maladie, les congés de maternité et tout ça, on peut presque doubler nos postes vacants. Il nous manque du personnel partout, dans tous les secteurs.»

«C’est pour la rétention»

Le Réseau de santé Vitalité a annoncé, le 13 septembre, une hausse de salaire de 5% pour les employés du Centre hospitalier Restigouche.

Selon Gilles Lanteigne, cette prime de salaire entrera en vigueur à l’anniversaire de chaque employé.

«Le ministère a décidé de donner une prime de 5% au personnel infirmier, et ce n’était pas nécessairement ce qu’on avait demandé. Par contre, je pense que ç’a été un compromis pour qu’on puisse mettre quelque chose en place immédiatement pour stabiliser les effectifs. Ce n’est pas juste pour le recrutement, c’est aussi pour la rétention», a affirmé Gilles Lanteigne lors de la réunion.

En février, l’ombudsman du Nouveau-Brunswick, Charles Murray, avait dénoncé un manque de personnel chronique et accablant au Centre hospitalier Restigouche.

En mai, un consultant externe, George Weber, déposait aussi un rapport sur le CHR à l’Assemblée législative. Il contenait une recommandation visant à l’adoption d’une «stratégie de recrutement et de maintien en poste concurrentielle» pour lutter contre le manque d’employés.