Marche des médecins du Restigouche: mission accomplie

Environ 350 personnes ont marché dans les rues de Campbellton, samedi, dans le cadre de la Marche des médecins, événement qui avait pour thème cette année les soins palliatifs.

Il y avait un peu moins de marcheurs qu’à l’habitude pour cette 7e marche annuelle. Il faut dire que, malgré le soleil, la température était particulièrement fraîche samedi matin, ce qui a pu en décourager quelques-uns. Mais la météo n’a toutefois pas ralenti l’ardeur des marcheurs présents… ni leur générosité d’ailleurs.

Car plus qu’une simple marche de santé (et pour la santé) de 5 km, l’activité – organisée par la Fondation des Amis de la santé du Restigouche – se veut avant tout, une campagne de financement destiné à amasser des fonds pour une cause liés au domaine de la santé. Cette fois, on parle de l’achat de lits pour l’unité de soins palliatifs.

À la fin de la marche, le président de la fondation, Jean-Luc Landry, a confirmé que l’objectif de 30 000$ qu’il s’était fixé avait non seulement été atteint, mais même dépassé de plus de 4000$.

«On a eu un beau groupe malgré le froid. Je crois que la population du Restigouche a vraiment adopté cette activité. C’est plus qu’une marche, ils viennent en grand nombre appuyer une cause, soit celle d’offrir des soins de qualité avec des équipements de qualité dans la région», exprime M. Landry.

Porte-parole de l’événement, le Dr Warren Liew, pathologiste et chef du personnel médical à l’Hôpital régional de Campbellton, figurait parmi les marcheurs. Il est le premier à l’admettre: les soins palliatifs ne sont généralement pas ce qu’il y a de plus vendeurs comme cause auprès du grand public. Le cancer et les problèmes cardiaques sont des maladies qui bénéficient d’un énorme capital de sympathie, tout comme la lutte au tabagisme ou celle au diabète. Peut-être parce que dans ces cas, on parle de combats avec l’espoir d’une guérison en trame de fonds, alors que pour les soins palliatifs l’issue est toujours la même. Si souvent oubliés, les soins palliatifs n’en sont pas pour autant moins importants.

«Les soins palliatifs ne sont généralement pas une priorité dans l’opinion publique, mais ironiquement, c’est probablement le service que le plus de gens auront besoin à un moment où l’autre de leur vie. Car s’il y a quelque chose de sûr ici bas, c’est que nous mourrons tous. Si les soins palliatifs ne sont pas prodigués à l’un de nos proches, ce sera peut-être nous qui en aurons besoin. Notre mission, c’est de faire en sorte que ces derniers moments de vie – où les patients nécessitent le plus d’attention et de compassion – soient les plus paisibles possible», exprime le docteur.

À l’Hôpital Régional de Campbellton, on compte six lits destinés aux soins palliatifs. Situés dans l’une des régions les plus âgées de la province, ceux-ci sont passablement utilisés. Mais bien que le Restigouche soit un peu plus gris que la moyenne, cette spécialité n’est pas unique aux personnes âgées.

«Les lits servent aussi aux enfants, aux jeunes adultes. Dans tous les cas, le mot d’ordre est simple: être là pour le patient afin qu’ils nous quittent dans la dignité», rappelle le Dr Liew.

En ce sens, les nouveaux lits qui seront achetés grâce à cette activité ne seront pas un luxe.

«Lorsqu’on arrive au niveau des soins palliatifs, les patients sont souvent aux prises à de grandes douleurs, de là la nécessité de faire en sorte qu’ils soient confortables», exprime le médecin, soulignant que les lits en question ont la capacité de se positionner de sorte à accroître le bien-être des patients.