Acheter et manger local: un geste environnemental qui gagne en popularité

Hélas! Nous entrons de plain-pied dans l’automne et la saison des récoltes tire à sa fin. Les producteurs de la région Chaleur assurent, par contre, que les ventes ont été bonnes cette année et que les consommateurs sont de plus en plus nombreux à acheter local.

De Sainte-Rosette, près de Robertville, jusqu’à Little River, au sud de Bathurst, les producteurs et les vendeurs de la région remarquent un intérêt grandissant envers l’agriculture locale.

Sylvain Boudreau, propriétaire des Jardins du Voisin, était l’un des sept producteurs présents à l’écomarché de Beresford cet été.

«J’ai constaté que la consommation locale est une préoccupation de plus en plus présente chez les consommateurs», a-t-il partagé.

«J’ai aussi pu observer une augmentation du nombre de gens qui venaient pour la première fois au marché…»

Les Jardins du Voisin se trouvent juste à côté des fermes de polyculture d’André Vienneau et de Yannick Doucet, à Little River.

M. Vienneau dit lui aussi avoir rencontré de nouveaux visages à son kiosque de l’écomarché cette année.

«Personnellement, oui, je vois plus d’intérêt d’acheter local pour des raisons environnementales. C’est une des raisons pourquoi on a commencé notre ferme. Avec les belles terres que nous avons dans la région Chaleur, il n’y a aucune raison d’acheter autant de produits importés», a-t-il relaté.

À Saint-Rosette, Daniel Boudreau le propriétaire de la ferme Les légumes à Daniel, viens d’entamer une autre saison mouvementée.

Lui et sa femme sont producteurs depuis une quarantaine d’années. Ils observent aussi une nouvelle conscience environnementale.

«Je crois que les gens de la région sont plus consciencieux qu’avant…surtout les jeunes. Les personnes âgées, elles, ont toujours appuyé l’agriculture locale parce qu’elles sont habituées aux légumes du jardin et tout ça. La génération entre les deux… moins.»

Les légumes à Daniel accorde une partie de sa popularité au mouvement mondial «manger local», mais d’autant plus au bouche-à-oreille.

«Les gens nous connaissent. Nous servions des enfants de la maternelle qui sont maintenant adultes et qui viennent toujours nous voir», avait-il expliqué.

Le propriétaire ne peut donc pas dire si l’augmentation de ses ventes est spécifiquement due aux considérations environnementales.

Jeanne Hachey, copropriétaire du Marché Big Deal à Bathurst, est en quelque sorte dans le même bateau.

Elle remarque aussi une clientèle grandissante, bien qu’elle n’arrive pas à décerner pourquoi.

Une chose est certaine, mercredi après-midi, le stationnement du Big Deal était bondé de voitures.

Elle et son mari, Wayne Hachey, achètent leurs produits de producteurs locaux et les revendent à la communauté à prix bon marché depuis maintenant plus de 40 ans.

Kathy Smith, la directrice générale du marché régional de Caraquet, signale que la tendance manger locale semble aussi s’installer dans la Péninsule acadienne.

«Je remarque que le nombre de locaux qui reviennent semaine, après semaine est croissant, a-t-elle mentionné. C’est important pour les gens de la place d’appuyer l’économie locale et de connaître les producteurs. Ils s’en font un rendez-vous quotidien.»

Mme Smith gère le marché depuis environ quatre ans. Elle croit que magasiner local donne un sens à nos achats.