Kevin Vickers fait le plein d’idées, mais aussi les yeux doux au Restigouche

Le chef du Parti libéral provincial, Kevin Vickers, a poursuivi sa tournée provinciale des régions en visitant plusieurs entreprises du Restigouche.

Ce passage dans la région a été grandement axé sur l’importance de l’apport de l’industrie forestière, avec des visites chez ALPA Équipement/AL Fabrication, AV Cell et Groupe Savoie.

«Pour nous, la foresterie est un moteur économique, et je tenais absolument à ce que M. Vickers réalise toute son importance», indique le député de Restigouche-Ouest et hôte de cette visite, Gilles LePage.

Il s’agissait de la deuxième visite du chef libéral dans cette région depuis sa victoire à l’investiture et son retour d’Irlande, mais loin d’être sa première à vie, lui qui venait de temps à autre dévaler les pentes du centre de ski Sugarloaf. C’est d’ailleurs dans le chalet de ce centre que celui-ci avait convié les médias.

«Je me suis présenté à la chefferie du Parti libéral pour faire une différence, pour améliorer notre province. Et pour cela, je dois bien la connaître, constater tous les défis auxquels on doit faire face», explique le libéral.

Ce passage visait en effet surtout à le familiariser aux enjeux locaux. La pénurie de main-d’œuvre et le financement d’infrastructures sont notamment des sujets abordés auprès de M. Vickers. Il est arrivé avec de nombreuses idées pour remettre l’économie du Restigouche sur les rails, comme un plan de revitalisation  et de croissance démographique (Bienvenue à la maison) destiné aux expatriés qui voudraient revenir dans leur coin de pays.

Celui-ci dit avoir discuté avec le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, de la possibilité de décentraliser certains postes de la fonction publique fédérale, notamment les quelque 2500 employés du département de la traduction. M. Vickers verrait très bien la majorité de ces emplois être transférés dans le Restigouche, une région pratiquement bilingue où l’on retrouve justement une expertise en traduction.

«Quand on regarde le portrait, les autres provinces ont beaucoup reçu du fédéral. L’industrie du pétrole en Alberta avec l’achat d’un pipeline, le sauvetage de l’industrie automobile en Ontario, Bombardier et SNC-Lavalin au Québec, la construction navale en Nouvelle-Écosse… Ici, on nous a oubliés», dit-il.

Qualifiant le Nouveau-Brunswick «d’enfant pauvre de la Confédération canadienne, celui-ci a poursuivi l’analogie en qualifiant le Restigouche «d’enfant oublié» du Nouveau-Brunswick. En ce sens, la région devrait, selon lui, être dotée d’incitatifs particuliers. Il aimerait notamment que l’on déclare le Restigouche «zone économique d’opportunités», donc une zone exempte de taxes corporatives (provinciales) pour des secteurs d’activités prédéterminés.

«Je verrais que l’on mette l’accent sur le secteur de la cybersécurité, de l’énergie renouvelable (verte) et du cannabis», estime M. Vickers.

Il précise toutefois que ces idées n’ont pas encore passé le test du caucus libéral. Cela dit, elles ont séduit d’emblée le député restigouchois Gilles LePage.

«Certaines de ces idées ont déjà été abordés par le passé, mais c’est le fun de l’entendre de la bouche de notre chef. Ce qui est différent peut-être avec M. Vickers, c’est qu’on sent que c’est réalisable», estime M. LePage.