Minorités francophones: la SANB dénonce l’inaction des gouvernements

En conférence de presse jeudi, le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, Robert Melanson, a levé le ton pour demander au gouvernement d’agir face aux attaques envers la communauté francophone.

Dans l’atrium de l’hôtel de Ville de Moncton, M. Melanson fait le bilan des dossiers que son organisme a déjà dénoncés au cours des derniers mois, dont la montée du parti People’s Alliance, le rejet du rapport du Commissaire aux langues officielles et la «fausse crise» sur les exigences linguistiques à Ambulance NB, qui a été démentie à maintes reprises par les dirigeants du service de santé.

Il en appelle aux gouvernements à agir dans le sens contraire.

«Il n’y a personne qui parle pour nous, personne qui nous défend dans ces gouvernements», estime-t-il.

M. Melanson s’en prend directement au premier ministre Blaine Higgs, qui a «les mains liées» par son accord avec le parti People’s Alliance, selon le président.

«La loi prévoit que le premier ministre du Nouveau-Brunswick devient le ministre responsable des langues officielles et il doit défendre nos intérêts. Maintenant, à chaque fois que le Commissaire aux langues officielles dépose son rapport, il est presque toujours rejeté et on en fait abstraction», s’insurge-t-il.

La semaine dernière, Kris Austin, chef du People’s Alliance, avait menacé de faire tomber le gouvernement si Blaine Higgs comptait mettre en oeuvre certaines recommandations du Commissaire aux langues officielles.

Blaine Higgs, de son côté, avait rejeté certaines recommandations, dont celle de créer un secrétariat aux langues officielles pour veiller au respect de la loi.

«Pourtant, quand il y a un dépôt d’un rapport de la vérificatrice générale, on met des recommandations en place et on tient compte de son expertise. Pourquoi on rejette l’expertise du Commissaire aux langues officielles?»

Robert Melanson croit que le poste de Commissaire, actuellement occupé à l’intérim par l’avocat Michel Carrier, manque de ressources pour exercer ses fonctions.

«On lance l’alarme, parce qu’on trouve que ça n’a plus de bon sens.»

Robert Melanson propose notamment la création d’un comité parlementaire non-partisan sur les langues officielles à Fredericton. Cela permettrait, selon lui, de dépolitiser l’enjeu.

Dans une déclaration envoyée à l’Acadie Nouvelle en fin de soirée jeudi, le vice premier ministre Robert Gauvin réagit.

Malgré le désaccord du gouvernement avec le commissaire pour ce qui est de la création d’un Secrétariat aux langues officielles, le seul ministre francophone du gouvernement fait valoir que son premier ministre est en accord avec le commissaire sur certains dossiers.

«Blaine Higgs a immédiatement demandé au ministère des Transports de lui présenter, d’ici la fin de novembre, une politique sur la disposition du texte dans les deux langues officielles en ce qui a trait aux affiches», peut-on lire dans la déclaration de Robert Gauvin.

Il souligne également que son gouvernement reconnaît l’importance d’offrir la chance d’apprendre les deux langues officielles à la population de la province.

«Le gouvernement provincial réalise qu’il y a place à l’amélioration et continuera de déterminer les meilleures façons d’améliorer ses services aux deux communautés linguistiques, tout en respectant ses obligations de la manière la plus appropriée et la plus rentable.»