Shippagan: un demi-million $ de plus pour rénover l’hôtel de ville

Faire du neuf avec du vieux peut souvent amener son lot de mauvaises surprises. La Ville de Shippagan l’a constaté à ses dépens dans le dossier de la rénovation de son édifice municipal.

La remise à niveau de ce bâtiment datant de 1971 coûtera beaucoup plus cher que prévu et durera plus longtemps qu’anticipé.

Les élus ont été forcés d’accepter une nouvelle demande d’emprunt de 500 000$, remboursable sur 20 ans, à la Commission des emprunts de capitaux par les municipalités, lundi. Cette somme servira à corriger la totalité de ces «mauvaises surprises, en espérant que nous n’allons plus en avoir», a signifié la mairesse Anita Savoie Robichaud.

Ce panier de crabes structurel fait donc passer la facture totale des travaux de 2,5 millions à 3 millions $. Dire qu’au départ, on parlait de 2,2 millions $. Ça commence à faire beaucoup de sous, admet la mairesse, mais les élus n’avaient pas le choix.

Le nouvel édifice municipal devait être prêt cet automne, espérait-on. Les élus devront désormais attendre au printemps 2020 avant de réaménager dans ces lieux. D’ici là, les bureaux administratifs demeurent dans l’ancien local de la GRC, alors que les réunions du conseil municipal se déroulent au Centre des congrès de la Péninsule acadienne.

Certes, ce n’est pas l’idéal, mais la mairesse et son équipe doivent faire avec, souligne Mme Savoie Robichaud.

«On souhaite que les citoyens vont accepter cette décision. Ils sont déjà contents qu’on ait pris l’initiative de rénover notre hôtel de ville. C’était dû. On voulait aussi garder cet emplacement parce que les citoyens y sont habitués. Si nous avions pu le faire pour 1 ou 2 millions $, nous aurions été contents aussi. Mais là, on n’a pas le choix d’aller de l’avant», note-t-elle.

Si la structure du bâtiment est encore solide, les entrepreneurs affectés aux rénovations ont constaté plusieurs vices de construction qui doivent absolument être corrigés pour le remettre aux normes d’aujourd’hui.

«Quand les entrepreneurs ont démoli certaines parties, il manquait des éléments importants. Par exemple, au deuxième étage, il manquait un mur. Les normes ont changé et ça (la facture) monte vite», est obligé d’accepter la mairesse.

Dans ce cas, il aurait peut-être été mieux de jeter à terre cet édifice qui a abrité autrefois la caserne des pompiers et un bureau satellite de la Cour provinciale. La Ville avait songé à cette option, mais l’avait mise de côté en raison des coûts et de la question d’entreposer les débris.

«Dans les 45 ans de l’édifice, il n’y a eu aucune réparation, à part le toit. Ce sont encore les mêmes portes et les mêmes fenêtres. L’eau s’infiltrait et il manquait d’isolation. Une journée, je regardais le bas d’une porte et j’ai constaté que c’était de la neige qui entrait par une fissure. Il n’y avait pas non plus d’échangeur d’air. On croit que les grosses surprises, on vient de les avoir. On espère qu’il n’y en aura pas d’autres», précise la mairesse.