Améliorer les relations entre les Acadiens et les Mi’kmaqs

Les Acadiens devraient entreprendre des gestes de réconciliation envers les Micmacs, selon Bernard Richard, conseiller de l’agence Mi’gmaq Child and Family services of New Brunswick. Si aujourd’hui ces deux peuples sont distants, les Micmacs ont joué un rôle crucial dans la survie des Acadiens au temps de la déportation.

Une cinquantaine de personnes ont assisté à la conférence de M. Richard mardi matin à l’occasion d’un déjeuner-causerie au bar l’Igloo de Moncton.

La conférence avait pour but d’encourager les Acadiens à s’intéresser de près aux Autochtones, et ainsi de déployer des efforts de réconciliation.

«La réconciliation, ça ne se passe pas juste entre gouvernements. Ça peut se passer entre citoyens», indique Bernard Richard.

À titre d’exemple, des échanges sont d’ailleurs organisés depuis un an de temps à autre entre les écoles Père-Edgar-T.-Leblanc et l’école primaire d’Elsipogtog.

Lors de ces journées d’échanges, les élèves participent à des activités culturelles tant micmaques qu’acadiennes. La préparation de mets de cuisine traditionnelle et l’apprentissage de langue ont été au menu.

«Je pense qu’il faut multiplier ces initiatives pour apprendre à se connaître, à se comprendre. On finira à mieux se respecter.»

Les deux communautés n’osent pas discuter de leurs particularités culturelles, selon M. Richard.

«Il y a une distance qui s’est établie avec le temps. Ce n’était tellement pas le cas au début de la colonie.»

Au fur et à mesure des guerres, des préjugés sont nés entre les deux communautés.

«Étant donné qu’on ne se connait pas, on se crée des images de l’autre. Il y a du racisme qui s’est installé. C’est indéniable. Il faut renverser cette tendance-là.»

Il considère que les Acadiens devraient au contraire être les alliés des autochtones, eux-aussi victimes de discrimination de leur côté.

Il a voulu rappeler à l’audience le rôle crucial que les Micmacs ont eu dans l’histoire acadienne. Les descendants français vivaient à l’époque dans des conditions exécrables.

«Beaucoup d’Acadiens ont survécu grâce à leur alliance et la relation très positive qu’ils avaient établie avec les Micmacs.»

Retrouver cette relation de complicité et d’échange est l’objectif du M. Richard. Pour y arriver, les Acadiens devront d’abord cesser d’avoir des préjugés envers les Micmacs et par la suite, faire des gestes concrets pour connaître davantage leur culture, entre autres assister à leurs cérémonies traditionnelles.

«Les plus grandes communautés organisent chaque année des pow-wow, c’est très coloré et vivant. Les costumes sont magnifiques. Il faut y participer».

Non étranger aux difficultés vécues par les peuples autochtones, le conseiller pour Mi’gmaq Child and Family services of New Brunswick a publié le rapport «Main dans la main» en 2010.

À l’époque, il était ombudsman et défenseur des enfants et de la jeunesse. Il avait recommandé au sein du rapport des changements majeurs au système de bien-être de l’enfance pour les Premières Nations.