La formidable expérience d’une nouvelle écrivaine

Parmi la centaine d’auteurs présents au 16e Salon du livre de la Péninsule acadienne figuraient des têtes d’affiche avec de longues feuilles de route, mais aussi des écrivains qui viennent de publier pour la première fois.

Colette Cormier était de ce nombre. En septembre, la femme de Caraquet a publié son premier livre, J’ai mis au monde mon âme sœur, publié aux Éditions de la Francophonie. Par conséquent, il s’agissait également de sa première participation au Salon du livre de la Péninsule acadienne en tant qu’auteure.

L’expérience a été formidable, témoigne l’écrivaine âgée de 60 ans.

«C’était tellement agréable et j’ai tellement apprécié l’expérience. Avant d’y aller, je voyais le Salon du livre comme un endroit sérieux ou je ne sais pas trop, mais c’était tellement beau. Quand les gens venaient nous voir, ils nous disaient que c’était agréable de nous rencontrer.»

Au cours de l’événement, Mme Cormier a réussi à vendre 73 exemplaires de son livre, qui raconte la vie de sa fille Lisa, décédée il y a 5 ans, à la suite d’une lutte courageuse avec le cancer. Plusieurs ont confié qu’ils venaient eux-mêmes de récemment perdre un proche.

«Mon livre est quand même basé sur l’espoir. Je dis aux gens qu’ils ont de la douleur aujourd’hui, mais que ça va s’apaiser. Ces gens sont peut-être partis, mais ils marchent en parallèle avec nous. On peut leur demander de nous donner du courage et de la force pour continuer ou même, un petit signe.»

Colette Cormier considère que ce premier projet d’écriture est né grâce à un signe reçu de sa fille environ deux années après son décès.

«J’étais en train de lire un bon livre à l’extérieur et elle est venue me dire d’écrire quelque chose. Je suis restée bouche bée. J’ai fermé ce que je lisais à ce moment-là et je suis allée à la maison. La seule et unique chose que j’ai pu faire c’est d’écrire tout ce qui s’est passé dans notre vie ensemble.»

Avec le temps, le livre a commencé à prendre forme. Mme Cormier désirait faire connaître l’histoire de sa fille.

«Durant sa maladie, elle ne voulait pas mourir, mais elle disait qu’elle allait laisser sa trace.»

Colette Cormier a d’autres projets d’écriture dans sa mire. «C’était mon premier salon, mais ce ne sera pas mon dernier.»

Elle sera aussi présente au Salon du livre de Dieppe, qui aura lieu du 24 au 27 octobre.

Un succès au salon

Le 16e Salon du livre de la Péninsule acadienne s’est encore avéré un événement réussi. Les activités se sont déroulées au Centre Rhéal-Cormier de Shippagan et ailleurs dans la région.

Bien que les chiffres finaux ne soient pas encore connus, selon François Cormier, directeur général du Salon du livre, les premières estimations concernant la participation s’élèvent à entre 15 000 et 16 000 personnes.

«Nous avons tenté toutes sortes de choses cette année et la réponse a été favorable envers les nouvelles activités proposées», dit-il.

La liste des petites réussites est longue, mais le personnage de Blanche, la semeuse d’histoires, créée par le Théâtre Vent Debout et incarnée par la comédienne Joanie Thomas, a particulièrement bien marché.

En plus de partager des extraits de texte avec des visiteurs au Centre Rhéal-Cormier, Blanche a rendu visite à des aînés dans des foyers de soins de la région.

«Elle est allée faire des lectures à des gens qui ne peuvent se déplacer.»

Le café philosophique animé par le spécialiste en philosophie de l’éducation, Normand Baillargeon, a aussi retenu l’attention.

«Nous avions prévu une heure, mais ça aurait pu continuer pendant bien longtemps et les gens seraient restés pour poser des questions.»

Comme toujours, le volet jeunesse a pris beaucoup d’importance ce week-end. Quelque 124 animations ont été données dans les 34 écoles du District scolaire francophone Nord-Est et environ 5200 élèves ont accueilli des auteurs dans leur école.