Les chefs décochent des flèches vers leurs rivaux à l’approche du vote

Les chefs des principaux partis politiques fédéraux se sont concentrés sur l’est du pays, mardi, alors qu’il ne leur reste que quelques jours pour convaincre les électeurs de leur faire confiance le jour du scrutin.

Justin Trudeau passe la journée dans les Maritimes, plus précisément au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, où les libéraux avaient réussi un balayage en 2015, mais où ils risquent maintenant de perdre quelques sièges.

Le chef du NPD Jagmeet Singh a quitté l’Ouest pour la métropole canadienne, ciblant deux circonscriptions que le NPD a perdues aux mains des libéraux en 2015 et espère récupérer, incluant l’ancienne circonscription de l’ex-leader Jack Layton.

Le bloquiste Yves-François Blanchet a commencé sa journée à Lévis pour parler du chantier naval Davie, tandis que le conservateur Andrew Scheer fait campagne au Québec toute la journée.

Seule Elizabeth May du Parti vert a choisi de passer la journée de mardi dans l’Ouest, plus précisément à Kamloops, où elle prononcera une allocution en fin d’après-midi.

Peu de nouveaux engagements ont été pris en début de journée, les leaders tentant surtout de se distinguer de ceux qu’ils considèrent comme étant leurs principaux rivaux.

À Fredericton, Justin Trudeau a continué à lancer des flèches à son adversaire conservateur Andrew Scheer, en revenant notamment sur l’enjeu de l’avortement, dans une province où la seule clinique privée à offrir ce service a récemment annoncé devoir fermer ses portes.

M. Trudeau a promis de s’asseoir avec le premier ministre de la province pour lui rappeler son obligation de financer les services d’avortement hors hôpitaux, une chose que M. Scheer « ne fera certainement pas », a-t-il évoqué. Andrew Scheer a admis à quelques reprises pendant la campagne qu’il était personnellement pro-vie, mais a toujours assuré que son gouvernement ne prévoyait pas rouvrir le dossier de l’avortement au pays.

M. Trudeau a également tenu à rappeler le bilan environnemental de son parti, à un moment où le Parti vert espère pouvoir faire quelques gains dans les Maritimes après un certain succès au provincial.

En 2018, les citoyens du Nouveau-Brunswick ont élu trois verts à l’Assemblée législative et cette année, huit députés verts ont été élus à l’Île-du-Prince-Édouard.

De son côté, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a voulu démarquer son parti comme étant le seul parti progressiste au pays. Il a décrit Justin Trudeau comme étant faux progressiste, un candidat qui fait des promesses à gauche pour ensuite gouverner à droite, selon lui. Quant au Parti vert, M. Singh a critiqué le fait que la chef Elizabeth May se soit montrée ouverte à collaborer avec un éventuel gouvernement conservateur, ce que le NPD refusera systématiquement de faire.

Yves-François Blanchet espère de son côté voir une vague bloquiste submerger la région de Québec, qui compte actuellement cinq députés conservateurs et deux libéraux.

M. Blanchet a d’ailleurs ciblé l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper, affirmant qu’il avait abandonné les travailleurs de la Davie à l’époque.

« C’est complètement faux », s’est défendu M. Scheer, soulignant que le gouvernement conservateur s’était assuré que la Davie obtienne le contrat du navire Astérix.

Le chef conservateur a assuré que son parti comprenait bien la réalité québécoise et a insisté sur les « terrains d’entente » entre lui et le premier ministre caquiste François Legault, notamment son approbation du troisième lien entre Québec et sa rive sud, que son gouvernement soutiendrait financièrement.

M. Scheer a également ramené l’épouvantail de la souveraineté, affirmant que le Bloc travaillerait avec le Parti québécois « dès le lendemain de l’élection » dans l’espoir d’organiser un nouveau référendum.